Un billet d'humeur est une réaction à des événements de l'actualité française ou internationale, majeurs ou anecdotiques, sérieux ou drôles, politiques, économiques, culturels ou sportifs.
" C'est un grand avantage de ne rien faire, mais il ne faut pas en abuser." CHAMFORT " Les écolos n'ont jamais rien fait pousser, sauf du cannabis". Bruno RETAILLEAU Il faut être courageux pour défier la pensée unique quand on parle d'écologie et ne pas crier à tout bout de champs en sautant sur sa chaise "sauvons la planète". Les résistants à l'abrutissement général et organisé sont rares. Laurent Alexandre est de ceux là. Sa dernière chronique essaie, en vain je le crains, de contrer l'hystérie écologique collective qui secoue le monde.
Cf. : Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 07/09/2018.
Stop aux écologistes apocalyptiques !
"La nomination au poste de ministre de la Transition écologique deFrançois deRugy, «un macroniste vert pâle, pragmatique et non idéologue», est une bonne nouvelle politique. NicolasHulotest aux yeux des Français une icône, voire un saint. L'ancien ministre de l'Environnement a colporté un discours plus que pessimiste: il est sincèrement convaincu que l'apocalypse est à notre porte. Au moment où la France devrait se: mobiliser pour stopper son déclin industriel, ce discours quasi délirant est paralysant et risque de nous faire sortir de l'Histoire. Les écologistesapocalyptiques travaillent en toute bonne foi à aggraver notre handicap technologique face à l'Asie de l'Est: ils sont, en pratique, les idiots utiles de l'Asie. Pendant que nous hurlons «la planète brûle», l'Asie de l'Est conquiert le leadership technologique en contemplant notre suicide géopolitique. La France vit dans une dépression constante: même les Afghans sont plus optimistes!
Le XXIe siècle sera certes vertigineux mais la fin du monde n'est pas au coin de la rue. En 1894, le Times écrivait que Londres serait bientôt enfouie sous deux mètres de crottin: l'automobile changea la donne. La pollution était jadis bien plus dramatique: le grand smog de 1952 a tué 12.000 Londoniens en 72 heures. Les sondages témoignent de la crainte d'une catastrophe imminente: disparition du travail, pollution mortifère, famines apocalyptiques, peurs des OGM. Même s'il existe de réels problèmes environnementaux, nous vivons la période la plus fascinante que l'humanité ait connue: augmentation de la durée de la vie, manipulations génétiques, maîtrise de notre cerveau…
Deux courants philosophiques se font face: les collapsologues pessimistes qui attendent l'apocalypse et les transhumanistes optimistes qui préparent le futur. Les collapsologues sont persuadés que la pénurie de matières premières et d'énergie va entraîner la fin de notre civilisation. Les théoriciens de ce collapsus écologique comme le Mouvement pour l'extinction volontaire de l'humanité, proposent même que nous arrêtions de faire des bébés de manière à disparaître de la surface terrestre pour laisser place à une Nature immaculée. À l'opposé, les transhumanistes américains et chinois veulent créer Homo Deus. Ainsi, Jeff Bezos d'Amazon, est conquérant: «Je veux que mes petits-enfants vivent dans un monde de pionniers, d'exploration et d'expansion dans le cosmos. Nous pourrons exploiter des mines dans les astéroïdes… L'alternative serait la stagnation de la Terre, le contrôle des naissances et la limitation de notre consommation d'énergie. Je ne crois pas que la stagnation soit compatible avec la liberté et ce serait un monde ennuyeux.» Après le capitalisme marchand inventé par Venise puis le capitalisme industriel, né en Angleterre, le capitalisme cognitif - c'est-à-dire l'économie de la connaissance, de l'IA (IntelligenceArtificielle) et du big data - modifie radicalement la hiérarchie des nations. En 1960, la Corée du Sud avait la même richesse par habitant que l'Afrique noire. Ces bouleversements géopolitiques sont la conséquence des immenses investissements éducatifs et scientifiques des pays d'Asie de l'Est. Leur montée en puissance dans le classement PISA des systèmes scolaires devrait davantage inquiéter que la prétendue fin du monde. Pourtant, au lieu d'investir dans l'éducation et la recherche, nous dépensons 7 milliards d'euros par an pour subventionner des éoliennes et panneaux solaires. La Corée du Sud dépense deux fois plus que la France en recherche: au moment où la captation des meilleurs cerveaux mondiaux fait rage, la France paye ses savants au lance-pierre. La peur névrotique de l'avenir nous empêche de comprendre la guerre technologique qui est en cours. Contrairement à ce que Francis Fukuyama écrivait en 1992, la fin de l'histoire n'est pas arrivée. La Chine, qui est devenue la première puissance transhumaniste et où règne un consensus sur les manipulations génétiques, l'augmentation cérébrale et le déploiement de l'IA, dispose d'un avantage considérable dans la société de l'intelligence: 90 % des Chinois contre un tiers des Français pensent que l'IA sera bonne pour la société. Nous sommes en guerre. Une guerre technologique implacable et l'Europe n'est pas loin d'un décrochage définitif. L'Europe devient un nain géopolitique parce qu'elle est un nain technologique. Le président chinois, qui a annoncé que son pays deviendrait la première puissance mondiale grâce à l'IA, l'a bien compris. Pour ne pas devenir les perdants du capitalisme cognitif, il nous faut une politique de puissance. Et un ministre de l'Environnement qui ne passe pas ses journées à convaincre les Français de l'imminence de la fin du monde. Puisse François de Rugy être plus pragmatique que son prédécesseur". *********************************************** Puisse cet article ouvrir les yeux à ceux à qui la propagande des khmers verts de l'écologie qui manipulent l'opinion anesthésie le bon sens et la simple réflexion . Il est encore temps de réagir contre cette écologie mortifère ! " La mer, pour les français, c'est ce qu'ils ont dans le dos lorsqu'ils regardent la plage". Eric TABARLY
Un texte hilarant du philosophe Michel Onfray sous forme de lettre ouverte au Président Macron, "tête de la Vénus de Milo sur la Victoire de Samothrace" (pour reprendre une expression célèbre d'Antoine Blondin). Notre maître des horloges auto-proclamé appréciera je l'espère.... Réf. : site internet michelonfray.com 4 septembre 2018
"Votre Altesse,
Votre Excellence,
Votre Sérénité,
Mon cher Manu,
Mon Roy,
La presse a rapporté il y a peu que tu avais nommé un gueux pour représenter la nation à Los Angeles. Il aurait pour seul titre de noblesse diplomatique, disent les mauvaises langues, les jaloux et les envieux, un livre hagiographique sur ta campagne présidentielle. En dehors de ce fait d’arme si peu notoire que personne n’en connaît le titre, pas plus d’ailleurs que celui des autres ouvrages du susdit, la plume est bien de celles qui se trouvent dans les parties les moins nobles de la profession : le croupion, car c’est celle que découvre le plus souvent la position de soumission inhérente à la fonction des gendelettres - la prosternation. De Sartre à BHL chez Sarko (après Mao), d’Aragon à André Glucskmann chez le même Sarko (après Mao lui aussi), de Drieu la Rochelle à Sollers chez Balladur (après Mao également), de Brasillach à Kristeva chez le Bulgare Jivkov (après Mao elle aussi), les cent dernières années n’ont pas manqué d’écrivains doués… pour l’agenouillement politique!
Philippe Besson entre dans cette vieille catégorie du valet de plume, mais on sait désormais de quelle plumasserie ce jeune homme comme il faut relève. Ce genre de plume n’est pas celui des plus talentueux, mais c’est celui des plus vendus - je parle de l’homme, pas de l’auteur.
Manu, on comprend que, toi qui aimes tant les lettres, tu aies envie de câlins venus des écrivains les plus à même de marquer le siècle et d’entrer dans la Pléiade quand tu seras redevenu banquier. Mais si ce siècle doit être marqué par toi, il n’y a pas grand dommage à ce qu’il le soit aussi par Besson le petit (à ne pas confondre avec Besson le grand, l’écrivain Patrick, ni avec Besson la championne d'athlétisme, Colette, ou bien encore avec Eric, le traître passé de Ségolène à Sarkozy en pleine campagne présidentielle, ou bien encore avec le Minimoy, Luc).
Avant d’être flagorneur, Besson-le-Petit a été directeur des ressources humaines auprès de Laurence Parisot, dame du MEDEF, mais aussi auteur de scénario de téléfilms, donc chevalier des Arts et Lettres. Convenons-en, tout ceci légitime l’affirmation d’Arlette Chabot, qui faisait déjà de l’éditorialisme politique à la télévision quand elle était en noir et blanc, la télévision, et n’avait qu’une seule chaîne. Courageuse, audacieuse, résistante, rebelle, insoumise, l’Arlette n’a en effet pas craint d’affirmer sur l’un des médias qui l’appointent que tout ceci était habituel: Napoléon n’avait-il pas nommé Chateaubriand en son temps et de Gaulle Romain Gary? En effet, en effet… Arlette, chère Arlette, vous qui avez déjà les grades de chevalier puis d’officier de la Légion d’honneur, je vous promets le grade supérieur pour bientôt! Si ce n’est déjà fait, car vous méritez d’y avoir votre rond de serviette, vous serez aussi bientôt invitée à la table de notre grand Mamamouchi en compagnie du vérandaliste Stéphane Bern et des frères Bogdanov, les éminents membres correspondants de la NASA française.
Votre Excellence, votre Sérénité, mon Roy, votre Altesse, mon cher Manu, il a tout de même fallu, pour que cette affectation de copinage ait lieu, que tu prennes la décision d’un décret modifiant les règles de la nomination des diplomates afin que ce ne soit plus le Quai d’Orsay qui ait la main mais le gouvernement, c’est à dire, toi tout seul, chacun le sait. C’est ce que les langues vipérines qualifient de fait du prince… Le décret te permet désormais de récompenser des non-fonctionnaires, pourvu qu’ils aient été serviles. Bern ambassadeur chez l’impératrice Sissi ou les Bogdanov nommés pour la même fonction sur Mars, grâce à toi, c’est désormais devenu possible… La France redevient "great again"!
J’ai appris qu’en même temps, tu avais rendu possible cet autre fait du prince: madame Agnès Saal a été nommée par un arrêté paru au Journal officiel "haut-fonctionnaire à l’égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations auprès du secrétaire général du ministère de la culture". En voilà un beau poste, et si moral en plus! Un beau jouet emblématique du politiquement correct de notre époque.
Rappelons un peu le CV de l’heureuse élue que tu gratifies à son tour. Cette dame s’était fait connaître par des notes de taxi dispendieuses, plus de 40.000 euros tout de même, et ce en grande partie au profit de ses enfants, quand elle était directrice générale du centre Pompidou et présidente de l’INA, un institut que tu connais très très bien, n’est-ce pas? Pour ces malversations, elle avait été condamnée à six mois de suspension sans solde (probablement selon les principes de ce que l’on peut désormais nommer la jurisprudence Benalla…), puis à trois mois de prison avec sursis et une double amende. Elle avait été réintégrée en douce au ministère de la culture à l’été 2016 (il faut faire gaffe aux nominations d’été...) comme chargée de mission auprès du secrétariat général en vue de la finalisation de labellisation AFNOR sur l’égalité professionnelle et la diversité.
Précisons aussi ceci: selon Mediapart, la même madame Saal, décidément très récompensée - on se demande pourquoi - figurerait également "dans la liste très restreinte des hauts fonctionnaires, qui, par un arrêté du 3 août 2018 signé par le Premier ministre, ont été inscrits à compter du premier janvier 2018, donc rétroactivement, au "tableau d’avancement à l’échelon spécial du grade d’administrateur général". Ce qui, en d’autres termes, veut dire que, pendant les vacances du Roy à Brégançon, cette procédure qui ne relève pas du traditionnel avancement mais d’une volonté politique expresse, a permis à ladite dame de profiter d’une hausse de son traitement allant jusqu’à 6.138 euros par an, indemnité de résidence à Paris comprise, soit au total près de 74.000 euros de traitement annuel. S’y ajoute un supplément sous forme d’indemnité qui augmente sa retraite des fonctionnaires d’environ 10%. Quand tu aimes, mon cher Manu, ça n’est pas pour rien et ça se voit!
Françoise Nyssen, rappelons-le pour les millions de Français qui l’ignorent encore, est ministre de la culture. C’est elle qui a mis en musique la mélodie sifflée à son oreille par le président. Face au déchaînement que cette nomination a légitimement suscité, elle fait savoir ceci sur les réseaux sociaux: "J’ai nommé Mme Agnès Saal (j’épèle : S . A . A . L, car on pourrait mal orthographier…) haute fonctionnaire à l’égalité et à la diversité. J’ai fait de cette cause une priorité dès mon arrivée au ministère de la culture. La qualité de son engagement et de son travail au service de ces valeurs fondamentales devrait guider les commentaires aujourd’hui". On ignore quelle est la "cause" en question: madame Saal, ou les fameuses valeurs ici prises en ôtage?
Mais Françoise Nyssen, c’est également l’éditrice qui a sciemment fraudé deux fois le fisc en ne déclarant pas de considérables agrandissements d’espace, une fois en Arles, au siège de sa maison d’édition, une autre fois à Paris. Le Canard enchaîné, qui a levé le lièvre, a chiffré la fortune économisée par ce double forfait! Ça en fait des APL pour les étudiants désargentés, je te jure!
Qui se ressemble s’assemble. Dès lors, il était normal que, sous ton autorité, sous tes ordres, selon ton désir, selon ton souhait, selon ta volonté, selon tes vœux, mon Prince, mon Roy, mon grand Mamamouchi, le vice récompense le vice. En un peu plus d’un an, de Richard Ferrand à Alexandre Benalla, via cette dame Saal, tu nous y as déjà tellement habitués!
Sais-tu, mon cher Manu, que des caissières qui ont utilisé à leur petit profit des bons de réduction de deux ou trois euros qui traînaient sur la caisse, ou que des employés de grand magasin qui ont mangé un fruit prélevé dans les rayonnages, ont été sèchement licenciés, eux, sans indemnités, sans planques payées par les contribuables et sans possibilité de retrouver du travail fort bien payé avec les avantages de la fonction à la clé? Probablement une nouvelle belle et grosse voiture avec chauffeur…
J’ai appris aussi que ton si bon ami Benalla s’était rendu coupable de charmants forfaits depuis ceux que l’on a bien connus l’été dernier. Mais l’incendie a été joliment éteint - sûrement pas avec l’eau de la piscine que tu t’es fait construire à Brégançon, pas pour toi, oh non, bien sûr, mais par altruisme, pour les enfants du personnel de la résidence royale plus sûrement.
En garde à vue, la police a souhaité perquisitionner le domicile de ton si cher ami Benalla. Elle voulait notamment accéder à son coffre-fort. Tenus par la loi à ne pas entrer dans l’appartement avant l’heure légale, les policiers ont posé des scellés le soir et attendu le lendemain. Mais le coffre-fort a été vidé dans la nuit! On a le bras long chez les Benalla puisque du commissariat on peut atteindre un coffre-fort chez soi en pleine nuit. Les quatre armes qui devaient s’y trouver n’y étaient plus - soit tout de même trois pistolets et un fusil, pour un homme qui n’a que deux mains, ça fait tout de même beaucoup… Sa femme avait les clés, il avait dit qu'elle était à l’étranger : elle se cachait en fait dans le seizième arrondissement de Paris. Il est vrai que pour de nombreux français cet arrondissement de nantis équivaut bien à un pays étranger.
Votre Excellence, votre Sérénité, mon Roy, votre Altesse, mon cher Manu, il me semble tout de même qu’il vaut mieux faire partie de ta cour que d’être un senior amputé de sa retraite, être un plumitif courbé plutôt qu’un écrivain debout, être une énarque de gauche qui tape dans la caisse de l’Etat pour financer les transports de sa progéniture, plutôt qu’un étudiant à qui tu voles dans sa poche cinq euros d’APL, être un cogneur de manifestants avec un brassard de la police et une accréditation de l’Elysée qu’un syndicaliste défendant le droit du travail.
Votre Excellence, votre Sérénité, mon Roy, votre Altesse, mon cher Manu, j’aimerais que tu m’aimes et ce pour trois raisons. La première: pour être nommé sans compétence consul des provinces et des régions françaises dans le sixième arrondissement de Paris, voire le seizième – tu le peux, je le sais, il suffit que tu le veuilles; la deuxième: pour permettre à ma vieille mère qui n’a pas son permis de conduire et qui a quatre-vingt-quatre ans, de pouvoir disposer d’un taxi gratuit à n’importe quelle heure du jour et de la nuit pour aller faire ses visites médicales à une demi-heure de chez elle, le tout payé avec l’argent du contribuable tu le peux, je le sais, il suffit que tu le veuilles; la troisième: pour avoir chez moi des armes à feu en quantité, mais aussi et surtout, pour pouvoir tabasser les gens qui me déplaisent en portant un casque sur la tête, en distribuant des coups de matraque et en disposant de CRS ou de la police comme couverture à mes descentes de petite-frappe - tu le peux, je le sais, il suffit que tu le veuilles.
S’il te plait, votre Excellence, votre Sérénité, mon Roy, votre Altesse, mon cher Manu: veuille-le. Je te promets pour ce faire de me prosterner moi aussi, de montrer les plumes de mon cul aux passants, de dire du bien de toi avec des articles, des conférences et des livres, je te jure, j’irai sur les chaînes et les radios du service public pour certifier, comme Arlette Chabot, qu’entre Napoléon, de Gaulle et toi, il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de cigarette, Joffrin ne me reconnaîtra pas, il m’aimera peut-être lui aussi comme il a aimé jadis Bernard Tapie et Philippe de Villiers. Je pourrai écrire aussi une biographie de Stéphane Bern avec une préface de Brigitte ex-Trogneux, passer une thèse de physique quantique avec tes amis les frères Bogdanov comme directeurs de travaux. Je pourrais même consacrer un séminaire de littérature comparée à l’œuvre de Philippe Besson que je mettrai en perspective avec celle de James Joyce. S’il te plaît, tu le peux, tu es mon Roy. J’habite place de la Résistance à Caen, fais-moi signe.
Veuillez, votre Excellence, votre Sérénité, mon Roy, votre Altesse, mon cher Manu, mon chéri, recevoir l’expression de ma considération la plus courtisane. Vive la République, vive la France, mais surtout: Vive Toi !
Michel Onfray
Post-scriptum 1 : des bises à la Reine.
Post-scriptum 2: j’apprends à cette heure que tu as fait du jet-ski à fond les ballons avec Brigitte quand tu étais à Brégançon et ce dans une zone interdite à la navigation et au mouillage - tu y as pourtant grandement navigué et vraiment mouillé. Cette réserve marine protégée ne doit être troublée par aucun véhicule à moteur. Il y eut pourtant tes deux jets-ski et ton gros bateau avec un moteur de 150 chevaux - qui sait, peut être empruntés à Nicolas Hulot, car on sait que, comme toi, il est un écologiste qui collectionne les engins motorisés. Protéger l’environnement marin et préserver la biodiversité dans les eaux du parc national de Port-Cros, pour toi qui fumes du glyphosate chaque matin au petit déjeuner, ça compte pour rien, n’est-ce pas? ".
**************************
Dans cette hilarante, et "en même temps" sévère mais juste", galerie de portraits des olibrius du "nouveau monde" il ne manque plus que celui du "zozo", l'écolo des Carpates, Nicolas Hulot,qui est à l'écologie ce que Franck Ribéry est à l'Académie Française.
" A cause de l'ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira".
Que dire à un jeune de 20 ans ? " L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle". Gustave FLAUBERT Magnifique lettre du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, militaire amoureux de la France, parfois controversé mais d'une honnêteté sans faille et d'un dévouement sans limite pour son pays. Durant toute sa carrière il fût au gré de sa vie militaire et de sa vie tout court, soldat, héros, franc-tireur et parfois rebelle.
"Quand on a connu tout et le contraire de tout,
quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie,
on est tenté de ne rien lui dire,
sachant qu’à chaque génération suffit sa peine,
sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause
font partie de la noblesse de l’existence.
Pourtant, je ne veux pas me dérober,
et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci,
en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain : «Il ne faut pas s’installer dans sa vérité et vouloir l’asséner comme une certitude, mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».
A mon jeune interlocuteur,
je dirai donc que nous vivons une période difficile
où les bases de ce qu’on appelait la Morale
et qu’on appelle aujourd’hui l’Ethique,
sont remises constamment en cause,
en particulier dans les domaines du don de la vie,
de la manipulation de la vie,
de l’interruption de la vie.
Dans ces domaines,
de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir.
Oui, nous vivons une période difficile
où l’individualisme systématique,
le profit à n’importe quel prix,
le matérialisme,
l’emportent sur les forces de l’esprit.
Oui, nous vivons une période difficile
où il est toujours question de droit et jamais de devoir
et où la responsabilité qui est l’once de tout destin,
tend à être occultée.
Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela,
il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine.
Il faut savoir,
jusqu’au dernier jour,
jusqu’à la dernière heure,
rouler son propre rocher.
La vie est un combat
le métier d’homme est un rude métier.
Ceux qui vivent sont ceux qui se battent.
Il faut savoir que rien n’est sûr, que rien n’est facile, que rien n’est donné, que rien n’est gratuit.
Tout se conquiert, tout se mérite.
Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu.
Je dirai à mon jeune interlocuteur
que pour ma très modeste part,
je crois que la vie est un don de Dieu
et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît comme l’absurdité du monde,
une signification à notre existence.
Je lui dirai
qu’il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves,
cette générosité,
cette noblesse,
cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde,
qu’il faut savoir découvrir ces étoiles,
qui nous guident où nous sommes plongés
au plus profond de la nuit
et le tremblement sacré des choses invisibles.
Je lui dirai que tout homme est une exception, qu’il a sa propre dignité et qu’il faut savoir respecter cette dignité.
Je lui dirai
qu’envers et contre tous
il faut croire à son pays et en son avenir.
Enfin, je lui dirai
que de toutes les vertus,
la plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres
et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres,
de toutes les vertus,
la plus importante me paraît être le courage, les courages,
et surtout celui dont on ne parle pas
et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse.
Et pratiquer ce courage, ces courages,
c’est peut-être cela
«L’Honneur de Vivre»."
Qui peut rester indifférent à ce magnifique message ?
"Je veux être dans mon oeuvre comme Dieu dans la création, présent partout, visible nulle part". Gustave FLAUBERT
"Il y a la voie facile et la voie juste. J'ai commis ma part d'erreurs mais j'ai toujours essayé de m'améliorer. Quand vous vous trompez et que vous le savez, vous ne recommencez jamais". John Mac CAINE
" Le drame de notre temps, c'est que la bêtise se soit mise à penser". Jean COCTEAU
Le feuilleton du mois de juillet dernier que l'on pourrait intituler " Les pieds nickelés de l'Elysée"est provisoirement interrompu. Grotesque sur la forme cette affaire politico-médiatique "pose question" sur le fond comme on dit chez les bobos-intellos parisiens. Max Tandonnet en donne un éclairage sans appel sous l'angle de la solidarité revendiquée par notre Président de la République qui a réussi à mystifier les Français l'espace d'une élection.
Réf. : Le Figaro du 13 août , Chronique de Maxime Tandonnet : "La fin du nouveau monde ouvre une ère d'incertitude".
" Lors de son interview au Point, le 29 août 2017, le président Macron dénonçait «les forces du monde ancien» qui «font échouer la France». En mai-juin 2017, l'accession au pouvoir des nouvelles équipes dirigeantes, à l'Élysée, à Matignon comme au Palais Bourbon, fut le fruit de l'élection présidentielle la plus chaotique de l'histoire. Le succès électoral d'En marche! est donc né d'un vertigineux scandale. Il s'inscrivait dans le contexte d'un pays traumatisé par la succession d'affaires et de drames mettant en cause ses dirigeants, à l'image del'emblématique «affaire Cahuzac». En réaction au naufrage de la politique française dans un climat à la fois délétère et explosif, tournant le dos aux personnalités et aux partis traditionnels, en 2017, les Français, assoiffés d'exemplarité, ont porté au pouvoir des hommes et des femmes incarnant le renouvellement. La transformation de la vie publique française dans le sens de la vertu s'est imposée comme la clé idéologique de la nouvelle équipe dirigeante. Ce contexte explique l'ampleur prise par l'affaireBenalla, qui a accaparé l'actualité nationale pendant trois semaines. Les faits eux-mêmes sont certes accablants pour l'auteur des violences, mais sans commune mesure avec les séismes qui ont ébranlé l'histoire politique française (le Rainbow Warrior par exemple). En revanche, ils ont profondément choqué par les révélations en cascade qui en sont issues, soulignant les phénomènes de clanisme, de dissimulation, de courtisanerie et d'obséquiosité qui imprègnent, aujourd'hui comme hier, l'exercice du pouvoir. 2017 fut l'été d'une espérance pour une partie de l'opinion publique, 2018 celui d'une désillusion. Cette affaire marque une étape supplémentaire, et sans doute décisive, dans la prise de conscience, par une majorité des Français, du caractère trompeur de la thématique d'un «nouveau monde». Au fond, rien n'a changé. Ils ont l'impression d'avoir été mystifiés comme ils le furent en 1981 par le discours assimilant la victoire de François Mitterrand à un passage de «la nuit à la lumière». Ils retiennent de l'affaire Benalla que rien ne ressemble plus à l'ancien monde que le prétendu nouveau.
L'image personnelle des dirigeants s'impose comme la motivation suprême de l'engagement politique, au détriment du bien commun.
La fin des illusions met en évidence les constantes de la vie politique française qui, depuis des années, entraînent le pays sur une pente fatale. Le culte de la personnalité d'un autre âge ne fait qu'occuper le vide laissé par la mort du débat d'idées et l'absence de solutions aux difficultés de la France. L'image personnelle des dirigeants s'impose comme la motivation suprême de l'engagement politique, au détriment du bien commun. L'élection ou la réélection justifie toutes les démagogies. La communication se substitue toujours davantage à l'autorité de l'État, aux choix de gouvernement et à l'action authentique. La fracture démocratique ne cesse de se creuser entre une minorité dirigeante, déconnectée des réalités quotidiennes, et la population - infiniment plus lucide que ne le pensent les hommes et femmes de pouvoir -, qui se sent abandonnée avec ses difficultés et ses inquiétudes. La vie politique continue à sombrer dans le spectacle nihiliste, dominé par les polémiques, les crises d'hystérie, les phénomènes d'idolâtrie et de lynchage. Le discours sur la «transformation» de la France ne suffit plus à masquer la réalité d'une aggravation continue des maux dont elle souffre: vertigineux déficit du commerce extérieur ; explosion de la dette publique ; poids des prélèvements fiscaux et sociaux ; chômage qui, en comparaison avec les autres puissances comparables, ne connaît guère d'amélioration ; violence quotidienne ; situation préoccupante du système scolaire et universitaire ; haut niveau de pauvreté ; absence de réponse crédible à la crise migratoire européenne ; une société toujours plus déchirée et conflictuelle. Sur les grands sujets de préoccupation des Français, aucune amélioration n'est en vue. Aujourd'hui, la question fondamentale est celle de l'avenir de la politique française, sur lequel un épais brouillard est tombé. Après la dissipation du rêve d'un «nouveau monde», que reste-t-il à espérer? La France est entrée dans une ère d'incertitude. Tout est possible: une radicalisation, portant au premier plan des partis ou personnalités «antisystème» ; la poursuite indéfinie, au-delà de 2022, de l'expérience actuelle ; une alternance et le retour au pouvoir d'un parti classique ayant su se moderniser et élargir son assise électorale ; ou encore une prise de conscience de la tragédie de la politique française, une remise à plat d'un régime à bout de souffle pour en finir avec la dictature des chimères et renouer avec la notion de gouvernement, de vérité, de destin collectif, d'intérêt général et de res publica. Cette dernière alternative n'est hélas pas la plus vraisemblable…*" . ****************************************** Beaucoup de clairvoyance dans cette analyse où le pessimisme est de mise, hélas à juste titre si la démagogie et l'intérêt personnel continuent à supplanter la recherche de l'intérêt général. La démocratie d'opinion n'est certainement pas la solution. " Qu'est-ce que la vocation ? C'est un miracle à faire avec soi-même". Louis JOUVET
" Tout faire, tout dire et tout penser en homme qui peut sortir à l'instant de la vie". Marc-Aurèle (II. XI)
Mgr Cattenoz à Avignon :
l'anthropologie de notre société est dans une impasse !
Extrait de l'homélie de Mgr.Cattenoz prononcée à l'occasion de la messe du Festival d'Avignon :
" Aujourd’hui, le Seigneur nous envoie en mission. Le programme est simple : ne rien prendre pour la route, sinon un Évangile à la main et dans le cœur la présence rayonnante du Ressuscité. Deux impératifs doivent nous guider, ils furent prononcés par Jésus lui-même au commencement de sa mission : “Convertissez-vous et croyez à l’Évangile !” Le Festival d’Avignon bat son plein, un lieu merveilleux où l’humanité s’interroge librement à travers le théâtre sur ce qu’elle vit et ce qu’elle est, véritable brouillon de culture. Le festival est un lieu merveilleux pour répondre à l’appel de Jésus à évangéliser.Cette année, devant le thème du festival, le genre, je lance un appel à la conversion et à la découverte du message de l’Évangile que la lettre de Paul nous a présenté de manière merveilleuse. Je n’ai jamais rencontré de L, de G, de B, de T, et paraît-il, maintenant de Q ; je ne connais et ne vois que des personnes humaines avec toute la richesse de leur féminité et de leur masculinité inscrite dans leur chair et jusque dans leur être le plus profond. Je continue de m’émerveiller devant la complémentarité de l’homme et de la femme. Au nom même de celle-ci, je m’émerveille encore, devant l’amour qui jaillit entre eux et débouche sur le don de la vie. Le mariage pour tous peut bien exister, ce ne sera jamais qu’une amitié, aussi belle soit-elle. Comme le prophète Amos, je voudrais dénoncer une société aux comportements incohérents et qui n’a pas compris quel merveilleux projet de vie Dieu lui proposait.Il n’y a rien de nouveau sous le soleil dans notre société ! Elle se vautre dans un pseudo bien-être matériel, usant des trois quarts des richesses de la planète, sans comprendre pourquoi les vagues migratoires des plus pauvres des pauvres se succèdent à nos portes. Que la Mer Méditerranée devienne un immense cimetière ne semble pas gêner grand monde ! Cependant, devant ses incohérences, notre société n’est pas à court d’idées :l’avortement, le suicide assisté, la PMA, la GPA, l’eugénisme tout devient possible au nom d’un principe devenu premier depuis les années 68 : « il est interdit d’interdire, on a bien le droit, on a tous les droits, mon plaisir est mon droit. » Depuis des années, le processus est bien rodé : changer le vocabulaire, dépénaliser la réalité et en faire un droit. Dans quelques années, nous aboutirons à un sommet : « Homodeus ! » où l’algorithme sera roi. Heureusement, comme autrefois, le colosse a des pieds d’argile ! Au risque de choquer, je voudrais simplement rappeler les paroles de Jean-Paul II : « L’avortement est le crime le plus abominable qui soit, car la victime n’a même pas la possibilité de crier sa souffrance » (EV 50). Je voudrais citer Mère Térésa : « l’avortement est une réalité abominable, car une mère tue son propre enfant ». Je vous avoue que j’ai pleuré en voyant conduire au Panthéon de la République le corps de celle qui a permis la légalisation de l’avortement. Je voudrais enfin citer le Pape François qui récemment a eu le courage de dire haut et fort ceci : « J’ai entendu dire que c’est la mode – ou du moins, c’est une habitude – de faire certains examens pendant les premiers mois de la grossesse, afin de voir si le bébé va mal, ou s’il y a un problème. Dans ce cas, la première proposition est :“On l’élimine ?” L’homicide des enfants. Et pour avoir une vie tranquille, on élimine un innocent. [...] Au siècle dernier, tout le monde était scandalisé par ce que faisaient les nazis pour entretenir la pureté de la race. Aujourd’hui, nous faisons la même chose, mais avec des gants blancs » (2018 08 18). Face à cette anthropologie enfermée dans une impasse, Paul nous présente le projet de Dieu le Père sur nous : devenir dans le Christ ses enfants bien-aimés, partager sa propre vie divine au souffle de l’Amour de l’Esprit Saint, et cela dès maintenant et pour toujours.Jésus nous invite à témoigner de ce merveilleux projet divin au cœur de notre société d’aujourd’hui, aussi nous voulons au cœur du festival porter témoignage de Celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Jean Vilar l’avait compris, lui qui a toujours demandé que le programme de la présence chrétienne au festival soit noté dans le programme lui-même. Il y a quelques jours, je demandais à des personnes atteintes de handicaps : « Quelle est la dernière merveille de Dieu dont vous avez été témoins ? » Claire, une jeune femme polyhandicapée m’a dit : “moi je m’émerveille de savoir que je vis et que je vivrai pour toujours en Jésus !” Et Madona, une femme atteinte de trisomie 21, a ajouté avec ses mots à elle : “Moi, quand je vois le prêtre qui lève l’hostie à la messe, je vois papa, maman, et tous les saints du ciel !” Quelle leçon d’humanité ! Oui, toi mon frère, même si tu n’acceptes pas ce témoignage de Claire et de Madona, même si tu ne partages pas ce merveilleux projet divin, tu restes mon frère et nous pourrons vivre ensemble une véritable fraternité, car c’est l’Amour seul qui compte. AMEN ".
**************************
Je ne sais pas si Mgr.Pontier, président de la Conférence des évêques de France, a donné son accord à cette prise de position de Mgr.Cattenoz !...... Merci à ce dernier d'avoir brisé le silence assourdissant de sa hiérarchie.
" Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit".
Saint François de Sales
L'entrée au Panthéon de Simone Veil, grande cérémonie républicaine et laïque "en même temps" que médiatico politique voulue par Emmanuel Macron, Jupiter auto proclamé, n'empêche pas de s'autoriser à préciser voire corriger certaines idées reçues avant que celles-ci, abondamment diffusées dans les médias, ne deviennent de fausses vérités "historiques" ( ancêtres des fameuses "fake news" chères à la pensée unique et au "politiquement correct" de nos élites et autres bobos parisiens). C'est ce que fait brillamment Guillaume Perrault dans une analyse sans concession parue dans le Figaro du 30 juin. On trouvera ci-dessous l'intégralité de cet article.
Réf. : Le Figaro 30 juin 2018
"Ces aspects de Simone Veil que notre époque préfère oublier"
"Dans ses Mémoires, Jean-François Revelconfiait être frappé par la présentation désormais très simplifiée, voire fausse, d'événements historiques qu'il avait lui-même vécus dans sa jeunesse. Plus les décennies séparant des faits s'accumulaient, moins l'évocation du passé lui paraissait précise, fidèle et nuancée. On éprouve un sentiment analogue devant le portrait souvent esquissé de Simone Veil, transférée au Panthéon le 1er juillet ainsi que son mari. Pour éviter les propos convenus, rien ne vaut la lecture des Mémoires de cette forte personnalité, Une vie(éditions Stock, 2007). L'ouvrage révèle une liberté de ton et des prises de position souvent surprenantes. Simone Veil, fréquemment, n'est pas là où on l'attend. Au sujet de la guerre et de la déportation d'abord. Simone Veil s'est opposée de toutes ses forces, en 1971, au financement public et à la diffusion à la télévision nationale du documentaire Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophüls, alors qu'elle siégeait au conseil d'administration de l'ORTF. «Les années 1970 avaient inversé la tendance des années 1950», écrit-elle. À la célébration d'une France unie dans la résistance à l'occupant avait succédé une autre «pensée dominante, tout aussi simplificatrice. Désormais, les jeunes se montraient ravis qu'on leur dise que leurs parents s'étaient tous comportés comme des salauds, que la France avait agi de façon abominable, que pendant quatre ans la dénonciation avait été omniprésente et qu'à l'exception des communistes, pas un seul citoyen n'avait accompli le moindre acte de résistance. Le Chagrin et la Pitié tombait à pic dans ce concert d'autoflagellation, et c'est à ce titre que je trouvais ce film injuste et partisan. En outre, il ne nous épargnait aucun raccourci mensonger.» La présentation du comportement des habitants de Clermont-Ferrand par le réalisateur trahit ses «manœuvres grossières», juge Simone Veil. Elle ajoute qu'elle aurait eu «honte» de voir ce film diffusé alors à la télévision nationale, par égard pour les Villeroy, cette famille qui l'avait cachée à Nice au péril de leur vie à partir de l'automne 1943. S'agissant de la loi sur l'IVG, Simone Veil la présente en des termes qui diffèrent de la présentation prévalant aujourd'hui. «La contraception consacre la liberté des femmes et la maîtrise qu'elles ont de leur corps, dont elle dépossède ainsi les hommes. Elle remet donc en cause des mentalités ancestrales. L'avortement, en revanche, ne soustrait pas les femmes à l'autorité des hommes, mais les meurtrit», écrit-elle. Dans ses Mémoires figure en annexe son discours du 26 novembre 1974 à l'Assemblée. Or, à la tribune, Simone Veil explique qu'elle ne se propose pas de consacrer un droit à l'avortement, mais d'autoriser l'IVG en cas de «situation de détresse». Elle assigne au projet de loi, parmi ses objectifs, celui de «dissuader la femme» de recourir à l'IVG (tout en lui reconnaissant la possibilité de le décider, répétons-le) en apportant à celle-ci un soutien financier et moral. Si la femme choisit de recourir à une IVG, ajoute Simone Veil, cette décision «ne devrait pas, chacun le ressent, être prise par la femme seule, mais aussi par son mari ou son compagnon». Si le projet de loi autorise l'information sur l'IVG, «il interdit l'incitation à l'avortement par quelque moyen que ce soit car cette incitation reste inadmissible». Simone Veil entend ne pas faire rembourser l'IVG par la Sécurité sociale (sauf dans deux cas: si l'IVG est motivée par le souci de protéger la santé de la femme ou si celle-ci n'a pas les moyens de payer). Elle justifie sa décision par la volonté de souligner la différence entre la contraception (remboursée par la Sécurité sociale à compter de ce même automne 1974 à son initiative) et l'avortement «que la société tolère mais qu'elle ne saurait ni prendre en charge niencourager». Il est fréquent de lire aujourd'hui que le discours de Simone Veil à l'époque ne traduisait pas sa pensée et était une concession tactique à la droite conservatrice. Sans prétendre en rien être catégorique sur ce sujet délicat, nous pouvons affirmer que rien, dans les Mémoires de Simone Veil, n'accrédite cette thèse. Dans son ouvrage, celle-ci présente sa position publique en 1974 comme l'expression fidèle de sa pensée à l'époque aussi bien, semble-t-il, qu'au moment où elle écrit ses Mémoires. En combien d'autres passages de ses Mémoires Simone Veil fait comprendre aux jeunes lecteurs qu'ils la connaissent mal! Plaquer sur le passé les idées, les mots et la sensibilité du présent - autrement dit, l'anachronisme - est décidément le fléau de l'Histoire". Voilà une mise au point que cette femme remarquable qu'a été Simone Veil n'aurait pas reniée puisque inspirée par ses Mémoires, Une vie (Stock 2007).
" Ce que nous défendons, ce n'est pas seulement notre honneur. Ce n'est pas seulement l'honneur de tout notre peuple, dans le présent, c'est l'honneur historique de toute notre race, l'honneur de nos aïeux, l'honneur de nos enfants". Charles PEGUY