mercredi 3 juillet 2024

LA FRANCE : LE DESASTRE . MACRON : LA HONTE

 




      "Le peuple ayant mal voté, le gouvernement a décidé de dissoudre le peuple".

                       Bertolt BRECHT

" Approuve ce que je te dis d'approuver, car je sais mieux que toi où se situe le bien".


                    La tragédie française est en train de s'écrire sous les yeux effarés du monde entier. Déni de démocratie après déni de démocratie Macron et sa bande de tristes sires et petits marquis, prédicateurs de vertu toute honte bue, bâillonnent la parole du peuple français qu'ils méprisent, la trahison en bandoulière, en un ultime mais vaine tentative de garder le pouvoir. Les antisémites sont devenus leurs amis, les terroristes palestiniens leurs idoles, les communistes leur modèle ( n'est ce pas  Edouard Philippe, vous qui demandez aux havrais de voter pour les communistes qui ont tenu pendant plus de trente ans la ville du Havre sous leur joug totalitaire? .....). Honte à vous messieurs (et mesdames, bien sur...), vous êtes la lie de la République, votre lâcheté n'a d'égale que votre fatuité. La France ne vous écoute plus.

         POURQUOI TANT DE HAINE DE LA FRANCE ? 

   NON, LE SOUVERAINISME N'EST PAS UNE MALADIE HONTEUSE !


                    Trois éditoriaux remarquables tant sur la forme que sur le fond résument avec brio le drame qui se joue dans notre beau pays trahi et abandonné par Macron et ses sbires :


    Alexis Brezet    Le Figaro, 1er juillet 2024

                             La gauche disqualifiée

                  "Lorsque les historiens se pencheront sur la dissolution, ils n'auront qu'un mot : désastre ! On ne saurait l'imaginer plus complet. Emmanuel Macron avait tout, ou presque : l'Élysée, et trois ans devant lui ; une majorité, relative, certes, mais une majorité tout de même ; un parti en ordre de marche ; un socle électoral étroit, mais étonnamment solide ; une image personnelle écornée, mais une autorité indiscutable. Il perd tout, fors l'Élysée. Il voulait unir le bloc central, diviser la gauche, isoler le RN : tous ses calculs se sont révélés faux. Au fond, son pari était que les Français, d'une élection à l'autre, changeraient d'avis : non seulement ils persistent, mais le niveau élevé atteint par la gauche LFI vient, si besoin était, ajouter une touche très inquiétante au tableau.

                   Quel champ de ruines ! Le chef de l'État faisait profession de « barrer la route aux extrêmes » ; ils n'ont jamais été aussi hauts. Prise dans la tenaille de ce face-à-face mortifère, la France se retrouve placée devant la double perspective de l'aventure politique ou du blocage institutionnel : les deux facettes d'une crise de régime. Merci, Macron !

                   Ce désastre ne tombe pas du ciel. Dans le creuset d'une campagne trop brève pour que s'y décantent les passions, trois éléments portés à ébullition ont produit cet ahurissant résultat : l'insondable légèreté d'un homme qui, par dépit narcissique, a pris le risque de plonger son pays dans le chaos ; la logique folle d'une stratégie, celle de l'hypercentre, qui prétendait éradiquer la droite et la gauche, et qui y a trop bien réussi ; l'exaspération, surtout, de ce malaise démocratique qui depuis tant d'années se nourrit - immigration, insécurité, dette, déficits, crises des services publics, désindustrialisation… – de nos lâchetés et de nos abandons. C'est dans ce chaudron, désormais, que mijotent les tourments de notre crise nationale.


                          Face à ce désastre, le pire serait d'ajouter le déni au déni, de se réfugier dans la déploration, les excommunications, ces habituelles chansons de la bonne conscience drapée dans sa supériorité. C'est un point qu'on doit céder à Emmanuel Macron : il voulait donner la parole au peuple, le peuple a parlé - massivement : la participation n'a jamais été aussi forte. Il faudra l'entendre, dans toute sa brutalité. Après un scrutin européen escamoté au motif qu'il s'agissait d'un « vote défouloir », rien ne serait plus dangereux qu'une expression populaire législative moralement disqualifiée.

                        Bien sûr, dans un scrutin à deux tours, la messe n'est jamais dite au soir du premier. Bien des choses peuvent encore advenir, et l'entre-deux-tours sera déterminant. Tout indique cependant que le cadre est fixé : la polarisation qui s'exprime à  travers la multiplication vertigineuse des duels RN-LFI ou leur affrontement en triangulaire dessine à la hache un paysage politique radicalement nouveau.

                       Il plonge les responsables publics, mais aussi les électeurs, dans les affres d'un dilemme politique et moral… Ce n'est pas un drame qui se joue – qui supposerait qu'un bien et un mal s'affrontent -, c'est, au sens propre, une tragédie, où le destin, qui vous somme de choisir, ne vous offre que des mauvaises solutions.

                      Les renvoyer dos à dos sera un refuge tentant pour les partis et les responsables politiques, désireux de se mettre en réserve en attendant un échec qu'ils estiment inévitable, sans pour autant faire injure à la liberté de vote, et de conscience, de leurs électeurs. Mais, au regard de la gravité des enjeux, les citoyens, sincèrement inquiets pour l'avenir du pays, se satisferont ils - ici et maintenant - de cette habileté, dans laquelle il est difficile de ne pas voir une échappatoire ?

                     Entre Bardella et Mélenchon, qui, en conscience, voudra mettre un signe d'égalité ? Le programme du RN est certes à bien des égards inquiétant, mais en face : antisémitisme, islamo-gauchisme, haine de classe, hystérie fiscale… Placé, quoi qu'il en dise, sous la domination de LFI, le Nouveau Front populaire est, de fait, le vecteur d'une idéologie qui consommerait le déshonneur et la ruine du pays. Emmanuel Macron, que la gauche somme de consentir à cette abdication, ne devrait pas l'oublier. Notre chroniqueur Nicolas Baverez rappelait récemment cette phrase de Raymond Aron, grande figure du Figaro : « Le choix en politique n'est pas entre le bien et le mal, mais entre le préférable et le détestable. » Les temps troublés dans lesquels nous entrons s'annoncent éminemment aroniens."

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     Vincent Trémolet de Villers  Le Figaro, 2 juillet 2024


                                 La coalition des Tartuffe

                "L’épreuve du choix. Depuis dimanche, beaucoup de Français vivent dans le carcan d’un dilemme moral: celui du moindre mal. S’abstenir, soutenir un modéré du camp d’en face contre «les extrêmes», voter RN pour éviter LFI ou le contraire: telles sont les questions. Mais, pour les aider à trancher, il faudrait d’abord que le parti de l’indécence commune, la coalition des Tartuffe, cesse de faire la leçon. Chez ces gens-là, en effet, on est loin d’être exemplaire.

                         D’abord, d’abord, il y a Jean-Luc Mélenchon, le directeur de conscience de la République, qui, avec Rima Hassan à ses côtés, dispense ses consignes au président, à la droite, à la France. Et puis il y a Sandrine Rousseau, qui trace la ligne qui sépare le bien du mal. Et puis François Ruffin, celui qui disait: «On a un taré à la tête de l’État» (et qui reçoit le soutien dans sa circonscription du parti du président de la République!). Et puis Raphaël Arnault, candidat fiché S en ballottage à Avignon. Derrière, la cohorte des provocateurs de la République, allure débraillée et insultes à la bouche: Louis BoyardAymeric CaronSébastien Delogu, Danièle Obono… Une procession qu’accompagnent les nouveaux convertis. Emmanuel Macron en tête, celui-là même qui, le 12 juin, reprochait au NFP de faire la part belle à «une extrême gauche qui s’est rendue coupable d’antisémitisme, de communautarisme, d’antiparlementarisme» et qui décide finalement de faire un bout de chemin avec elle. Gabriel Attal, celui qui a interdit l’abaya à l’école, et qui appelle à voter pour ceux qui veulent l’autoriser. Dans ce cortège, on retrouve aussi les innombrables associations écolos, néoféministes, «antifascistes» dont le seul point d’unité est l’équivoque vis-à-vis du Hamas, l’antisionisme obsessionnel, la haine de la police. La place de la République couverte dimanche soir de drapeaux palestiniens en témoigne: la lutte «contre l’extrême droite» n’est qu’un prétexte pour faire avancer un agenda militant.

Cette gauche prétend «sauver la République», mais elle devrait commencer par faire son examen de conscience. Elle pratique sans vergogne l’intimidation morale comme si elle était dépositaire des vertus démocratiques alors qu’elle est moralement disqualifiée."

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             Yves Thréard    Le Figaro, 3 juillet 2024                    

            “Macronmélenchonisme”

             "Un clip de rap anti-Rassemblement national circule sur les réseaux sociaux. Concentré de propos violents, sexistes, insultants, antisémites, cet appel au meurtre relève moins du débat politique que d’une cour d’assises. Et, quoi qu’en pensent ses auteurs pour se justifier, ce morceau abject a le mérite de montrer jusqu’où peut entraîner la haine de l’autre.

                             Dans un tout autre registre, à la gauche de la gauche, où on redoute l’arrivée du «fascisme à Matignon», il est une autre voix qui mène le combat. Mais celle-ci est mûrement réfléchie, travaillée, mise en scène. Elle est celle d’un homme qui œuvre sans doute moins pour faire triompher son camp que pour préparer son propre avenir, dans trois ans. Dimanche soir, place de la République, à Paris, Jean-Luc Mélenchon fut le premier à appeler à faire barrage au RN et au désistement en cas de triangulaire au second tour des législatives.

                              Flanqué de la militante propalestinienne Rima Hassan, aux épaules couvertes d’un keffieh, et le verbe toujours agressif, l’Insoumis en chef joue un jeu à plusieurs bandes. L’avance du RN est telle que son intérêt est davantage d’obliger le bloc central à respecter la réciprocité des désistements qu’à faire gagner la gauche avant 2027.

                              Le piège paraît avoir fonctionné. Édouard Philippe a beau rejeter tout accord avec LFI, l’exécutif, lui, a fini par entrer dans la danse. Plusieurs candidats de la majorité vont se retirer ou pourraient bénéficier de cette tambouille électorale, Élisabeth Borne et Gérald Darmanin en tête. Avant que Gabriel Attal en accepte le principe lundi soir, le chef de l’État s’y est peu à peu résolu.

                              Il n’avait pourtant pas eu de mots assez durs contre le Nouveau Front populaire, coalition «immigrationniste»«antisémite», où «on est chez les fous», avec qui «on peut changer de sexe en mairie» et qui mène à la «guerre civile». Qu’importe, et quoi qu’il en coûte, le macronmélenchonisme est né. Face au Rassemblement national, toutes les alliances sont à présent autorisées. Reste à savoir si elles seront efficaces dimanche soir…"

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                     Pour conclure, je suggère à tous ces traitres à la Patrie, à ces menteurs honteux, ces artistes sans talent, ces footballeurs bas de front, ces influenceurs dont la vulgarité n'a d'égale que la bêtise, ces "intellectuels" (de gôche!), lâches et pleins de morgue, ces anciens ministres et présidents gâteux et pleins de déshonneur, ces rappeurs l'insulte à la bouche,.....bref, à tous ces prêcheurs qui ont la prétention d'évangéliser ce petit peuple méprisable qui vote mal, cul terreux de la France d'en bas, je suggère donc de lire la dernière chronique de l'essayiste Pierre Vermeren qui conclut son analyse ainsi :

                    ".......Un vieux principe bismarckien établissait qu'il vaut mieux s'occuper des pauvres avant qu'ils ne s'occupent des affaires politiques. La mondialisation heureuse des élites le leur à fait oublier...... ,  .... ....Pour ces raisons structurelles, il est peu probable à ce jour qu'un dimanche en déjuge un autre".  

 (Réf. : "Les six leçons d'un scrutin historique" Le Figaro, 2 juillet 2024).


"La démocratie, c'est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave."   Charles de GAULLE

                A bon entendeur, salut !

                    



"Parmi les gens qui n'ont rien à dire, les plus intéressants sont ceux qui se taisent."     COLUCHE

           N'est-ce pas messieurs Hollande, Strauss-Kahn, Bayrou, Mbappé, Jospin, Copé, Pécresse, et autres idiots utiles de la macronie.




jeudi 9 mai 2024

JO : LA HONTE

 





                Ces paroles gracieuses sont de JUL !!...... La noblesse de l'olympisme revue et corrigée par le soi-disant "chanteur" préféré des Français,.... si l'on en croit celui qui a dit un jour "il n'y a pas de culture française".....Pauvre France ! 




    "Plus ça va, moins ça va; si ça continue il va falloir que ça cesse".

                     Philippe de Villiers citant son garde-champêtre.....


                      Quelle vulgarité, quelle honte !! La France de Macron a touché le fond hier à Marseille avec ce scandaleux spectacle d'un rappeur, casquette en arrière vissée sur la tête, doigt pointé vers le ciel dans un geste volontairement ambigu et provocateur, allumant la flamme olympique. Il ne faut pas être grand clerc pour y voir la patte de celui qui n'a de cesse de détruire ce beau pays de France, sa culture, son histoire, son peuple aux origines judéo-chrétiennes, frondeur mais généreux, jaloux de sa liberté,  fier de son art de vivre et de ses traditions : Emmanuel Macron.

                        Honte à lui et aux petits marquis minables qui l'entourent et en particulier Gabriel Attal qui, comme l'a si bien défini Philippe de Villiers, "communie sous les deux espèces : le capitalisme mondialisé et le progressisme sociétal".  



       
                                                                              JO Rome 1960

            "La douleur, l'effort, l'espérance."

                                  Charles de GAULLE


lundi 8 avril 2024

André BONIFACE

 





                                             "Nous étions si heureux"

                                 André BONIFACE  et Guy BONIFACE


                           Cher André,

            Je me permets cette familiarité aujourd'hui que seul se permettait devant vous mon oncle André, membre du comité de la FFR lorsque vous et votre frère Guy enchantiez le monde du rugby, régional avec l'équipe de Mont de Marsan, national et international avec le XV de France, célèbre grâce à vous pour son "jeu à la française" que nos "amis" anglo-saxons, néo zélandais et springboks nous enviaient et en parlent encore aujourd'hui avec admiration et respect, le fameux "french flair". Henri Garcia, Denis Lalanne et Roger Couderc ont immortalisé dans la presse écrite et à la télévision vos exploits rugbystiques. Vous venez de les rejoindre ainsi que votre frère Guy qui vous manquait tant.

            Après Jean Dauger et avant Jo Maso votre disciple, vous incarniez ce qu'il y avait de plus beau dans le jeu de rugby, avant tout un jeu d'évitement, d'attaque à tout prix, d'habileté (Ah cette passe croisée magique avec votre frère!..., le magique "cadrage débordement....), de sacrifices et d'offrandes de ce capricieux ballon ovale à vos partenaires de la ligne des trois quarts pour aller le déposer derrière la ligne de but de nos "amis anglo-saxons", la fameuse terre promise.... 


               France-Angleterre  1964 au stade de Colombes         

           Le rugby, à l'image du monde actuel, a changé et n'est plus qu'une caricature de "la fabuleuse histoire du rugby" chère à Henri Garcia qui a bercé ma jeunesse. Faut-il le regretter? je ne suis pas qualifié pour en juger. Une chose est certaine pour ma génération, vous incarnez à jamais ce que le rugby avait de plus beau et à jamais disparu avec vous : le sport pour la beauté du geste et le partage de cette beauté avec ses coéquipiers. On appelle cela la classe !....Votre élégance dans le geste n'a d'égale que celle de Roger Federer.

           Sachez enfin, cher André, que jamais je n'oublierai ce jour où, jeune adolescent, je vous ai parlé et serré la main dans le vestiaire du stade Jules Deschaseaux du Havre à l'issue d'un match de sélection de l'équipe de France , Possibles contre Probables, rencontre rendue possible par la grâce de mon oncle André qui présidait alors le Havre Rugby Club, plus vieux club de rugby français fondé en 1884 par les universitaires anglais de universités de Cambridge (bleu ciel) et Oxford (bleu marine).  



                France-Ecosse  1963 au stade de Colombes
           Guy Boniface, Pierre Albaladejo et André Boniface


    Denis Lalanne (Le temps des Boni), Antoine Blondin, l'ami intime, Kléber Haedens et Roger Nimier, les Hussards, ont tous admiré votre élégance et votre esprit chevaleresque au travers de chroniques, articles et livres tout au long de votre lumineuse carrière. 

                   Merci pour tout Monsieur Boniface.



vendredi 1 mars 2024

ENERGIES : Mensonges d'État. RENOUVELABLES : Assez !

 


                                    

"L'objectif est d'apporter aux pays membres une énergie abondante et bon marché."

 Traité de Rome, 1957, Communauté européenne du charbon et de l'acier


                      Il est rare de lire une telle analyse, équilibrée, documentée, raisonnée et factuelle dans un monde médiatique et politique hystérique dès que le sujet du climat et celui de l'énergie sont abordés, obnubilé par la molécule de CO2 qui n'en peut mais, accusée de tous les maux sans qu'un débat contradictoire soit possible. Il en découle des décisions totalement déraisonnables dont les européens n'ont pas fini de subir les conséquences tant économiques et sociales que sociétales, à un point qu'ils ne peuvent imaginer, les mensonges d'Etat dépassant l'imaginable.

Puisse le livre de Samuel Furfari être lu par ceux qui nous gouvernent ! Il est encore temps de changer de cap et nous éviter le pire. LE TEMPS PRESSE !!


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Charles Jaigu : « Les énergies renouvelables, ça commence à bien faire »

       Réf.  Le Figaro, 29 février 2024                                        



                             

CHRONIQUE - Samuel Furfari a été un expert de l’énergie pour la Commission européenne. Il a aussi enseigné à l’Université libre de Bruxelles. Son livre est à lire d’urgence avant les élections européennes.

 

                             Lorsqu’il est entré à la direction de l’énergie de la Commission européenne, le tout jeune ingénieur Samuel Furfari ne savait pas qu’il y resterait trente-six ans. La règle de la mobilité entre les services n’était pas encore en vigueur. Ainsi a-t-il pu voir changer la politique européenne de l’énergie, pour le pire. Samuel Furfari a la moustache en virgule, et un léger accent belge. Il est le fils d’immigrés qui faisaient la récolte des oranges en Calabre, venus dans les années 1950 travailler dans les charbonnages belges. Après ses études d’ingénieur, il est recruté à la Commission pour réfléchir, déjà, sur l’après-pétrole.

             On est en 1982, et on lui demande d’étudier la piste des carburants de synthèse, sujet de son doctorat. « Nous pensions tous que le pétrole serait fini à la fin du XXe siècle, de nombreux experts l’avaient annoncé, et nous ne mettions pas ça en question », se souvient-il. À l’époque, la Commission embauche des ingénieurs. Aujourd’hui, nous apprend-il, « le recrutement est plus politique, ils sont beaucoup moins nombreux : on fait appel à des consultants extérieurs ». Furfari a tout vu en matière de prédictions et de contre-prédictions.

            « Au début des années 2000, un conférencier nous avait annoncé qu’il y avait d’énormes réserves de gaz dans le monde. Cela contredisait nos certitudes. J’étais furieux et je ne le croyais pas. Mais il avait raison. La directive européenne qui interdisait l’électricité produite par le gaz naturel pour cause de réserves insuffisantes a été supprimée. »

               Furfari a préparé les directives qui ont fixé le cap européen décennie après décennie. Il a même été chargé des premiers cahiers des charges sur le développement durable et de l’écologie. Et il a appris à trier. De toutes les lubies de production d’énergie avec les algues ou la canne à sucred’hydrogène et de méthane, il lui reste deux certitudes : 

« Le nucléaire est l’avenir de l’électricité, le gaz est l’avenir de l’énergie, car il combine plusieurs avantages : il est peu émetteur, facile d’emploi, utile aussi bien pour chauffer que pour se déplacer ou faire de la chimie », nous dit Furfari, qui souligne l’abondance des réserves, qu’il s’agisse de l’Australie, de la Méditerranée orientale ou du gaz de schiste, dont l’Union européenne s’est privée par idéologie.

« Le choix du manichéisme énergétique »

                            Pendant cinquante ans, la Communauté européenne a considéré que la sécurité de son approvisionnement énergétique était prioritaire pour la croissance et le bien-être. « Cette conviction remonte à l’union du charbon et de l’acier, en 1952 », observe-t-il justement, « En 1957, le traité de Rome dit que l’objectif est d’apporter aux pays membres une énergie abondante et bon marché ». C’est ce qui fut fait. D’abord en continuant la mutualisation du charbon, puis en se tournant vers l’espoir d’une énergie nucléaire, avec le traité Euratom.

 

On accuse parfois ce marché de l'énergie d'être libéral, mais c'est tout le contraire, il est faussé par la décision de subventionner les énergies renouvelables

                                            Samuel Furfari

                              Et puis tout a changé. La Commission « a fait le choix du manichéisme énergétique ». Ne cherchons pas trop loin la cause : la peur climatique et le mythe des énergies renouvelables ont pris possession de « Bruxelles-Strasbourg ». Et là, oui, les « mensonges » ont commencé. Bruxelles s’est mise sous influence quasi exclusive des Verts et de l’Allemagne, puis du traité de Paris en 2015. On peut le dire aujourd’hui : Angela Merkel aura été la plus mauvaise nouvelle énergétique de l’Europe. En 2006, à peine élue, elle impose au tout jeune marché européen de l’électricité - créé en 2002 - de surpayer les énergies renouvelables, qui sont les plus chères et les moins efficaces.

                            Comme le dit Furfari, « on accuse parfois ce marché de l’énergie d’être libéral, mais c’est tout le contraire, il est faussé par la décision de subventionner les énergies renouvelables ». En 2011, après Fukushima, Angela Merkel en rajoute une couche : elle abandonne le nucléaire et, au passage, laisse la France toute seule face au défi de l’EPR de Flamanville. La chancelière passe ensuite avec la Russie le fameux accord de distribution du gaz via le pipeline Nord Stream. « Elle le fait sans en parler à la Commission, qui a été mise devant le fait accompli. » Il faut lire le chapitre « L’Allemagne dirige la politique énergétique », de même que le chapitre sur le marché de l’électricité. Édifiant.

L’illusion de la transition énergétique

                               Mais bien sûr, il y a le réchauffement climatique, la crise de la biodiversité, la pollution. L’écologie n’a pas tout faux. Mais l’écologisme a tout faux.   

                              En matière de climat, Furfari nous dit qu’il est « agnostique ». Autrement dit, il a appris à se méfier des prédictions. Il a lu le rapport du Giec, et non pas son résumé, et il ne voit que des hypothèses très prudentes. Ce qu’il sait, en revanche, c’est que l’atmosphère est déjà saturée de CO2, résultat de l’activité humaine depuis 150 ans. Donc pourquoi nous épuiser à être les meilleurs élèves de la classe quand l’effet de nos conduites vertes, sinon vertueuses, sera marginal ?

« La masse de COdans l’atmosphère est aujourd’hui de 3400 milliards de tonnes, alors que les émissions mondiales sont de 34 milliards de tonnes par an. Le flux représente donc 1 % du stock », écrit-il.

                               Et pourquoi continuer de parier sur les renouvelables, quand on a déjà investi plus de « 1000 milliards d’euros » dans l’UE sans déboucher sur une innovation de rupture ? Disons-le autrement : la transition énergétique est une dangereuse illusion.

 

Si l'UE n'avait pas manipulé le marché, les prix de l'énergie seraient aujourd'hui moins chers 

                                         Samuel Furfari

                                 Que veut dire cette formule récitée à tue-tête ? « Que l’on substituera dans les trente ans qui viennent les énergies renouvelables aux énergies conventionnelles. » Bien sûr, le mix évoluera, mais jamais, affirme l’auteur, l’Union européenne ne pourra sécuriser son approvisionnement en énergie par le soleil et le vent. À moins de choisir la décroissance. Un choix dont il faut bien mesurer la conséquence suicidaire. Il créera des déserts industriels, il multipliera le vote populiste. Le chaos.

« Vous êtes un perdant »

                                  C’est un comble, à l’heure où les dirigeants européens, Emmanuel Macron en tête, ne parlent que de restaurer leur souveraineté industrielle. Mario Draghi, ancien patron de la BCE, l’a dit il y a deux jours : « L’Europe ne peut pas être compétitive si nous payons trois fois plus cher le prix de l’électricité qu’aux États-Unis et cinq ou six fois plus le gaz naturel que dans le reste du monde. »

Ce que Furfari explique ainsi : « Si l’UE n’avait pas manipulé le marché, les prix de l’énergie seraient aujourd’hui moins chers. Cela n’aurait que marginalement modifié les émissions mondiales de CO2 puisque sa part ne représente que 9 % des émissions mondiales. ».

                                 Après tout, on peut considérer qu’il fallait essayer. L’Union européenne a voulu donner l’exemple, et pendant ce temps le reste du monde continue à consommer des hydrocarbures moins chers et incomparablement plus efficaces. Furfari cite l’eurodéputée italienne Elisabetta Gardini : « Si vous pensez être un leader, mais que personne ne vous suit, vous êtes un perdant. »                

                   


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                  Il est encore temps de réagir, notamment accélérer la construction de centrales nucléaires, stopper le développement mortifère des énergies renouvelables, rétablir l'utilisation raisonnée des énergies fossiles, autoriser les moteurs thermiques à circuler de nouveau, développer le gaz de schiste, etc...ceci tout en assurant une transition énergétique raisonnable qui permettra alors, dans un avenir lui aussi raisonnable, une cinquantaine d'années au minimum, de diminuer gaz et pétrole, peut-être ..... 


                   " L'écologie n'a pas tout faux. L écologisme a tout faux.'

                                    Samuel FURFARI