vendredi 12 juin 2020

RACISME : Autant en emporte le vent







   "La honte d'être blanc a supplanté la mauvaise conscience bourgeoise".

                      Alain FINKIELKRAUT

                  
               Alors que notre pays sombre dans un désastre économique et sociétal gravissime, c'est le moment choisi par les bas du front d'un mouvement identitaire protéiforme (Indigènes de la République, groupes islamo-gauchistes et communautaristes, Touche pas à mon pote, etc...etc..) pour insulter la Police française et plus généralement les "blancs", catalogués comme d'odieux racistes.  Effet collatéral prévisible : déboulonnage de statues de personnages historiques et censure d'oeuvres d'art. Ainsi en est-il du magnifique film  "Autant en emporte le vent"  et du formidable roman de Margaret Mitchell qui l'inspire.

               Cette fièvre antiraciste n'est pas nouvelle, ainsi en était-il en 2017. Il est intéressant de relire un article du Figaro qui traitait de ce sujet :


Réf. : Le Figaro 11 juin 2020

Autant en emporte le vieux monde

 La plateforme HBO a retiré «Autant en emporte le vent» de son catalogue, car des activistes reprochent au film de véhiculer des préjugés racistes. En 2017 déjà, alors qu’un cinéma avait déprogrammé le film suite à une polémique similaire, Alexandre Devecchio publiait cette analyse - qui n’a rien perdu de son actualité.

                           "Une fois n'est pas coutume, il faut remercier les petits soldats du multiculturalisme pour leur fureur iconoclaste. En empêchant la projection d'Autant en emporte le vent dans l'Orpheum Theater de Memphis (Tennessee), qui diffusait le film chaque année depuis 34 ans, il donne un bon prétexte à tous les cinéphiles pour s'offrir 3h58 de bonheur en se replongeant dans le chef d'œuvre de David Selznick. Pour peu qu'ils soient munis d'un simple lecteur de DVD, ces derniers pourront éprouver le frisson de la subversion et surtout constater que 78 ans après sa sortie, le film n'a pas pris une ride. Le technicolor, témoin d'une période bénie ou le cinéma n'était pas encore colonisé par le numérique, reste envoûtant. Scarlett O'Hara, incarnée par la sublime Vivien Leigh, la plus belle et irrésistible garce de l'Histoire du cinéma. Et Clark Gable/Rhett Butler, l'acteur le plus élégant et viril de tous les temps, loin devant George Nespresso Clooney.
                            Impossible, cependant, de regarder le film avec le même œil que par le passé? Une question hante désormais le spectateur: «Autant en emporte le vent est-il raciste?». Juger cette œuvre au regard des critères moraux de 2017 apparaît absurde et anachronique. Autant en emporte le vent est sorti en salle en 1939. A l'époque, Martin Luther King chantait avec le chœur de son église à Atlanta pour la première du film! La lutte pour les droits civiques n'était encore qu'un rêve lointain et l'idéologie diversitaire de la science-fiction. A ce compte, il faudrait interdire la moitié de la production cinématographique américaine de l'époque. En premier lieu, les westerns et leur vision mythifiée de l'Ouest où les Indiens, présentés comme des sauvages, ont bien mérité d'être génocidés par les gentils cow-boys. En France, si l'on poursuit selon cette logique, la nouvelle inquisition antiraciste pourrait faire un gigantesque autodafé avec bon nombre de génies de la littérature. L'œuvre de Voltaire brûlée pour «islamophobie», celle de Céline pour antisémitisme. Molière excommunié de nouveau, mais cette fois pour misogynie. Balzac, défenseur autoproclamé du «trône et de l'autel» prohibé pour conservatisme. Pour autant, tenter d'analyser l'idéologie véhiculée par Autant emporte le vent, ce que dit le film le plus vu de tous les temps de son époque et de la nôtre, demeure un exercice passionnant.

                          Le long métrage apparaît bien plus complexe et subtil que nos caricatures actuelles. Même avec un regard contemporain, sourcilleux et vigilant, les accusations de «racisme», d' «apologie de l'esclavage» ou encore d' «ultraconservatisme» se révèlent excessive. S'il faut absolument lui coller une étiquette, le film pourrait être qualifié d'anarchiste-conservateur. A l'origine d'Autant en emporte le vent, il y a le roman culte de Margaret Mitchell, enfant du Sud, fille d'un riche avocat conservateur et d'une militante féministe suffragette. Le véritable auteur du film, dirigé par plusieurs réalisateurs, dont Georges Cukor et Victor Flemming, est David O. Selznick, producteur juif hollywoodien. A l'image de Scarlett O'Hara, écartelée entre l'insipide Ashley Wilkes et le charismatique Rhett Butler, Autant emporte le vent est tout entier tiraillé entre le passé et l'avenir, la Réaction et le Modernité, la terre ocre de Tara et l'Amérique nouvelle de la côté Est. Le couple mythique du film puise sa force dans les valeurs traditionnelles du Sud, mais profondément anticonformiste et avant-gardiste, il brise toutes les convention de son époque. La distance ironique de Rhett Butler à l'égard de la guerre n'est pas seulement dûe a son cynisme, elle exprime son scepticisme vis-à-vis d'un conflit meurtrier qu'il juge inutile et perdu d'avance. Quant à Scarlett O'Hara, son personnage mériterait à lui seul une ou plusieurs thèses sur le féminisme. Femme indépendante et aventurière, elle fascine aussi bien les personnages masculins du film que les spectateurs par sa liberté, son tempérament fougueux, sa fameuse «passion de la vie». Son personnage dessine, malgré tout, un portrait peu flatteur de la femme moderne, monstre d'égoïsme et de narcissisme. Son rapport à l'homme est trouble et violent. Violée par Rhett Butler dans le lit conjugal, Scarlett O'Hara, éternelle insatisfaite, apparaît le lendemain matin comblée comme jamais. Une scène sulfureuse qui serait jugée moralement inacceptable aujourd'hui.
                          De l'esclavage, Autant en emporte le vent donne une vision non pas raciste, mais paternaliste. Ici, les esclaves sont satisfaits de leur sort et attachés à leurs maîtres. A l'image de Mamma, interprétée par Hattie McDaniel, première actrice noire récompensée par l'Oscar pour ce rôle, qui développe une relation quasi filiale avec Scarlett O'Hara. Dans le film, le fouet et l'asservissement total sont éludés. Mais Autant en emporte le vent n'est pas un documentaire. C'est une fresque romanesque avant d'être un film historique ou politique. Il ne s'agit pas tant ici de refaire l'Histoire que d'exalter un imaginaire puissant, celui d'un Sud romantique et disparu. Le film s'ouvre sur ces quelques mots évocateurs: «Il était une fois un pays de coton qu'on appelait le Sud. On y trouvait le meilleur de la galanterie, des chevaliers et des dames, des maîtres et des esclaves. Mais tout ceci n'existe plus qu'en rêve. Le vent a emporté cette civilisation». Autant en emporte le vent, tourné juste après la crise des années 30 et juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale décrit avec nostalgie la fin d'un monde fantasmé, et le début d'une ère nouvelle, celle de l'Amérique moderne et industrielle. A sa sortie, il faisait écho aux tourment du XXe siècle. Aujourd'hui, dans une période elle aussi marquée par l'épuisement d'une civilisation et l'aube d'un nouveau monde, il trouve une nouvelle résonance. Entre les anciens et les modernes, le débat fait rage. Les premiers veulent s'appuyer sur un passé, parfois idéalisé, pour construire le présent et préparer le futur. Les seconds font table rase et se débarrassent du monde ancien. Pour eux, les statues et les mythes, comme les classiques de l'âge d'or et les rêves seront, c'est inéluctable, emportés par le vent".

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                      Notre lamentable ministre de l'Intérieur, Christophe Castener, a t-il lu ce roman ou vu le film? Il est permis d'en douter.....Il préfère lâcher ses troupes au lieu de réaffirmer les valeurs de la République et faire acte de vérité, voire les accabler, et inventer un nouveau critère de jugement : "le soupçon avéré" ..... qui assurément fera jurisprudence !

                   " Nos "élites" (!) bien pensantes et dirigeantes seraient bien inspirées, non pas de mettre un genou à terre au nom d'une repentance honteuse, mais de se rappeler que leur première obligation est de SERVIR L'ETAT". Jean-Eric SCHOETTL


"Si la connerie n'est pas remboursée par les assurances sociales, vous finirez sur la paille."
                      Michel AUDIARD     (Un singe en hiver)

dimanche 31 mai 2020

RENAULT : Jean Dominique SENARD à LCI









                  " Primum vivere, deinde philosophari".
                  "Vivre d'abord et philosopher ensuite".


                          Merci Monsieur SENARD, votre passage ce matin sur la chaîne LCI a été admirable, digne du grand capitaine d'industrie que vous êtes. Quel contraste avec les discours des politiques, des médias et des syndicats sur les problèmes actuels rencontrés par Renault! 
                         Vous avez donné avec calme, mesure, intelligence, humanité, humilité, rigueur, mais aussi réalisme, une formidable leçon de conduite d'entreprise que nous n'avions pas entendue depuis très très longtemps, à tous ces pignoufs ignares et incompétents qui n'ont jamais rien compris ni à l'industrie ni à l'économie, et encore moins au volet social de toute société industrielle. 

                  Madame Aubry, fossoyeuse de l'industrie française littéralement "assassinée" par les tristement célèbres "35 heures", Monsieur Bertrand au boniment tout juste digne d'un marchand de cravates à la sauvette, j'espère que vous avez écouté ce remarquable interview et en tirerez les conséquences : laissez travailler ceux qui savent de quoi ils parlent !...Et vous salariés, ne gâchez pas cette formidable chance pour Renault que constitue la présence de Monsieur Sénard à la tête d'une entreprise que vous dites tant aimer.

                  Au mensonge, à la démagogie et à l'intérêt personnel qui dictent depuis des années les actions des politiciens et des syndicats, relayés par des journalistes incompétents à la recherche du sensationnel et du "buzz" (!), Jean Dominique Sénard a opposé la vérité, le réalisme et le dialogue, ne cachant rien de la difficulté de la tâche mais se montrant optimiste quant à l'issue de cette crise pour les salariés et pour l'entreprise Renault.

Bon courage Monsieur SENARD ! 

" Comment cela s'appelle-t-il quand le jour se lève, comme aujourd'hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que pourtant l'air se respire, et que l'on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s'entre-tuent, mais les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ?"
"Cela a un très beau nom, femme Narsès, cela s'appelle L'ESPOIR."

                          Jean GIRAUDOUX     (Electre)






dimanche 3 mai 2020

DECONFINEMENT : ET LES DALTONIENS ?







        "Un c.. fait ce qu'on attend de lui, un idiot est imprévisible."

                           Michel AUDIARD  "Les Voleuses"


                     Dans ce gigantesque café du commerce qu'est devenu notre pays depuis quelques "semaines confinées", et encore plus depuis que le mot magique "déconfinement" a été prononcé, les interrogations les plus stupides les unes que les autres envahissent les plateaux de radio et de télévision et font l'objet de débats entre soi-disant ou autoproclamés experts en tout et n'importe quoi. Aussi je crois pouvoir me permettre cette question fondamentale qui ne devrait pas déparer dans ce concert de bêtises entendues à longueur de journée :  Quid des daltoniens qui sont incapables de lire les couleurs rouge et vert ? N'est-il pas scandaleux que le gouvernement abandonne cette minorité pour qui la vie est déjà bien grise ?.... 

                 Nul doute que nos journalistes transformés pour l'occasion en épidémiologistes, infectiologues, professeurs nimbus du coronavirus ou autres chercheurs brevetés Covid-19, vont bientôt se pencher sur cette question très sensible et bien plus "prégnante" comme on dit chez les bobos, que celle de savoir pourquoi deux mois après le début l'épidémie, se procurer un masque relève de l'exploit!.....Mais c'est vrai, les masques ne servent à rien comme disaient nos experts .....

         " Chez nous, le bordel on appelle ça : le repli stratégique."

                            Michel AUDIARD  "Un Taxi pour Tobrouk"




mercredi 29 avril 2020

DECONFINEMENT : Supermarché plutôt qu'église !






" Si les hommes sont si mauvais avec le secours de la religion, que seraient-ils sans elle ?".
                          Benjamin FRANKLIN


                     Stupéfaction et colère des catholiques, et plus généralement des chrétiens, devant l'interdiction de célébrer des messes, malgré le respect des règles sanitaires obligatoires et de bon sens, décidée par un pouvoir totalement dépassé par la situation à laquelle il a grandement contribué depuis le début, par son incompétence, son impréparation, ses atermoiements, son manque de lucidité et pire que tout ses mensonges jamais assumés. Jamais l'anti-catholicisme viscéral de ceux qui nous gouvernent ne s'était exprimé avec autant de violence qu'avec cette décision inique et sectaire. 
                    La charité chrétienne...nous suggère de pardonner à ces messieurs car "ils ne savent pas ce qu'ils font" comme nous dit le Christ dans les Évangiles, baignant depuis leur enfance dans un désert spirituel incommensurable dans lequel la religion, quelle qu'elle soit au demeurant, est au mieux ignorée, voire méprisée, au pire combattue comme aujourd'hui.

                     Comme le rappelle Jean-Pierre Le Goff (Le Figaro, 29 avril 2020) parlant des représentants de l'Etat : "dans la façon d'assumer des responsabilités et de faire face (compétence et autorité : ndlr), le tissu éducatif premier, le parcours de vie et de formation, l'acquisition d'une solide culture générale, la confrontation à l'échec et aux épreuves...sont décisifs". Le spirituel et le divin sont des sujets totalement inconnus de nos énarques technocrates sans foi, ni loi si ce n'est satisfaire leurs ambitions personnelles sans limites.

                      Nul doute que le peuple catholique de la France, sœur aînée de l'Eglise, saura dans les jours à venir se faire entendre dignement et fermement et qu'alors les fidèles pourront remplir les églises comme "les marchands du temple" les supermarchés, avec ou sans la bénédiction "urbi et orbi" du télé évangéliste Emmanuel Macron. 


                          " Un croyant est un incroyant qui croit".

                                   Monseigneur AUPETIT
                         




                              " Le Christ est malheureux en France."

                                     DIDEROT

                                     
                     

jeudi 16 avril 2020

COVID-19 : RAOULT, UN ÉNORME GÂCHIS !






            " Science sans conscience n'est que ruine de l'âme."

                         François RABELAIS


                    La médecine française ne sortira pas grandie de cet épisode Coronavirus au cours duquel nous assistons en direct à une succession d'affirmations péremptoires sans preuves scientifiques avérées, de contre affirmations tout aussi sujettes à caution, d'attaques ad hominem indignes de ceux qui les profèrent, de querelles de chapelle entre "éminents" professeurs ( un titre bien galvaudé!..), médecins hospitaliers ou généralistes des villes et des campagnes, et d'informations volontairement biaisées de la part des agences régionales de santé complètement dépassées par la situation à l'image de son ministère de tutelle et du gouvernement. Une cacophonie indigne que nous paierons très cher dans les semaines, mois et années à venir. 

                    La querelle picrocholine entre partisans et opposants au professeur Raoult en est un navrant exemple. Dans cette lamentable histoire, non seulement la médecine se ridiculise, mais également la science en général, piétinée sans vergogne par les deux camps.

Une chronique de François Chast, pharmacien des hôpitaux de Paris, remet "l'église au centre du village" avec lucidité et raison :

Réf. : Le Figaro, 14 avril 202

François Chast est pharmacien des hôpitaux de Paris et président honoraire de l’Académie nationale de Pharmacie.

       "Nous aimerions tous que Didier Raoult ait raison"

                       " L’histoire de l’innovation thérapeutique nous enseigne qu’un devoir de modestie doit guider la recherche scientifique et ceux qui la commentent. Le débat inédit auquel on assiste sur l’hydroxychloroquine ne sera pas clos aujourd’hui - le sera-t-il un jour ?
La chloroquine, disponible depuis la fin des années 1940, a été un précieux atout dans le traitement et la prévention du paludisme. Elle a été abandonnée il y a une trentaine d’années en raison de résistances du parasite. Un de ses proches dérivés, l’hydroxychloroquine, mis sur le marché au milieu des années 1950, peu efficace sur certaines formes de paludisme, est précieux dans diverses maladies inflammatoires comme le lupus et la polyarthrite notamment. Ce sont des médicaments peu coûteux : quelques euros par mois permettent de soigner un malade.
                       Peu coûteuse, facile à produire, l’hydroxychloroquine n’a cependant pas que des avantages. Elle n’est pas dénuée d’effets indésirables, comme une toxicité cardiaque récemment confirmée par une équipe new-yorkaise chez 11 % des malades atteints par Covid-19. Des risques à relativiser, toutefois, compte tenu de la faible durée durant laquelle on administre ces médicaments lors de cette maladie. Encore faudrait-il que, comme tout anti-infectieux, l’hydroxychloroquine soit utilisée précocement. Or, l’essai de l’Inserm, «Discovery», incluant des services de réanimation, n’est que partiellement adapté à cet impératif, ce qui ne manquera pas d’en faire critiquer les résultats.
La baisse de la charge virale, présentée comme un critère majeur d’efficacité, ne peut pas préjuger à elle seule de l’intérêt d’un médicament antiviral.
                          L’hydroxychloroquine a montré depuis longtemps son efficacité à l’égard de nombreuses bactéries, mais uniquement en laboratoire : légionnelles, bacille de Koch (agent de la tuberculose), salmonelles, listeria, et de nombreux virus responsables des maladies suivantes (Sida, SRAS, Grippe, Chikungunya, Dengue, Zika, Fièvre jaune, Ebola, Rubéole, Rage, Hépatites A, B et C, Poliomyélite, etc.). Mais aucune équipe au monde ne l’a encore utilisée avec succès pour traiter une maladie virale et plus spécifiquement une pneumopathie à coronavirus (Sras-CoV, Mers-CoV). Aucun des virus sensibles à l’hydroxychloroquine n’a été sensible à ce médicament lorsqu’il s’est agi de traiter des malades.
                            Ces échecs de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine avaient déjà été observés à l’égard des virus Ebola, chikungunya et de la dengue. Pire, les résultats obtenus en ce début avril 2020 à Détroit (USA) dans le cadre d’une étude comparative, (malheureusement de faible effectif), pourraient faire craindre que l’hydroxychloroquine soit associée à une dégradation de la fonction respiratoire des malades traités.
La baisse de la charge virale, présentée comme un critère majeur d’efficacité, ne peut pas préjuger à elle seule de l’intérêt d’un médicament antiviral, d’autant qu’on l’évalue ici par prélèvement nasopharyngé alors qu’il s’agit d’une maladie pulmonaire. L’efficacité d’un médicament doit d’abord se traduire sur des critères cliniques.
                              Même en situation d’urgence, les essais cliniques ne relèvent pas d’une « dictature des méthodologistes » comme veulent le faire croire aux médias et au gouvernement les partisans de l’utilisation de l’hydroxychloroquine. Depuis le Code de Nuremberg (1947), la recherche médicale doit être fondée sur des bases éthiques, et depuis 1963, la déclaration d’Helsinki en définit les contours. Quant au fait que seul le lent développement de la maladie ait permis la réalisation d’essais cliniques dans le sida, c’est un argument d’autant plus fallacieux qu’on ne saurait comparer une maladie dont la mortalité était de 100 % jusqu’en 1995 et le Covid-19 dont la mortalité est, en réalité, probablement inférieure à 1 % si on tient compte des nombreux malades peu symptomatiques et non diagnostiqués.
C’est bien un lien à la zone d’expansion épidémique qui impacte ces statistiques, et non les modalités du traitement du Covid-19.
                     Enfin, la comptabilité de la mortalité selon les régions, qui traduirait la qualité des soins en région PACA, voire dans le département des Bouches-du-Rhône, est non seulement statistiquement fausse, mais révélatrice d’une compétition morbide. Le 8 avril, on comptait, en PACA, 55 décès par million d’habitant contre 50 en Normandie, 43 dans les Pays de Loire, 35 en Occitanie 33 en Bretagne et 28 en Nouvelle Aquitaine. Par département, les Bouches-du-Rhône comptaient 71 décès par million d’habitant, la Loire Atlantique 39, la Gironde 37 et la Haute Garonne 16. C’est donc bien un lien à la zone d’expansion épidémique qui impacte ces statistiques, et non les modalités du traitement du Covid-19. À ce jour, le meilleur médicament reste l’oxygène !
                    Oui, nous aimerions tous que Didier Raoult ait raison, mais méfions-nous plus que jamais des « sentiments » ou de la « croyance ». Le fait scientifique n’est reconnu que s’il est démontré, et seul un essai clinique bien construit peut offrir aux malades et ceux qui les soignent une réponse fiable. Le doute doit rester le « meilleur » des conseillers. Travestissez, biaisez, médiatisez, politisez… avons-nous le droit de perdre du temps et de l’espoir en laissant courir des approximations ravageuses qui ne font qu’aider le coronavirus à poursuivre sa mortelle randonnée ?"

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Espérons que la raison finira par l'emporter, il y a urgence !

" Il vaut mieux mourir selon les règles que de réchapper contre les règles."

                          MOLIERE   ( L'amour médecin)




lundi 6 avril 2020

COVID -19 : avant et après





" Une civilisation repose sur ce qui est exigé des hommes, non pas sur ce qui leur est fourni."

                   Antoine de Saint-Exupéry

   
         Alors que l'on parle déjà de "déconfinement" de façon fort imprudente puisque, à l'évidence des bilans journaliers du ministère de la Santé, la lutte contre le virus est loin d'être terminée, il me revient les paroles du général de Gaulle prononcées lors d'un discours politique avec le RPF en novembre 1953 alors que la IV ième République sombrait dans le ridicule et la France dans le chaos :

" Le pays, à l'heure qu'il est, ne partira pas vers les sommets tout seul, il n'en a pas l'idée.....C'est seulement le trouble, les douleurs, les inquiétudes qui peuvent créer l'occasion."

Quelques années plus tard, en 1958, de Gaulle sera l'homme providentiel que le pays, en pleine déconfiture, appelle à son secours : "l'occasion" !... 


            La grande différence entre cette époque et maintenant est que, hélas, l'homme, ou la femme, providentielle ne s'est toujours pas fait connaitre ....Nous allons devoir affronter les tempêtes successives, sanitaires, sociales,économiques et politiques qui s'annoncent avec à la tête du pays des personnages de faible envergure, au mieux de bonne volonté mais dépassés car non préparés et incapables d'assurer leurs rôles de chefs.

    " Ce qu'une nation ne fait pas par elle-même, personne ne le fera à sa place".

                   Charles Pasqua