jeudi 15 septembre 2016
TRUMP : SI ON EN PARLAIT ?
" L'Amérique est un projet, la France, un chagrin ".
Pascal BRUCKNER
Réf. : "Idées" Le Figaro 15 septembre 2016
Cette chronique aborde un sujet politiquement très incorrect selon nos experts en bien-pensance obligatoire sous peine de condamnation politico-médiatique immédiate. Parler de Donald Trump sans, aussitôt, le cataloguer comme un abominable capitaliste, raciste, homophobe, sexiste, réactionnaire, admirateur du ku klux klan...etc, etc... n'est pas politiquement correct.... Mais, après tout, même les experts, surtout en n'importe quoi, peuvent se "trumper" !!
A l'occasion de la sortie du livre d'André Bercoff : " Donald Trump, les raisons de la colère", Eric Zemmour fait paraître une chronique : " Donald Trump, petit-fils caché de Roosevelt", qui analyse avec finesse et bon sens le phénomène Trump aux Etats-Unis, phénomène que nul ne peut nier ou faire semblant d'ignorer. ( Je m'excuse par avance auprès de la diva des médias de gauche, l'arrogante et pédante "philosophe" du tweet, Madame Taubira, de m'intéresser à deux journalistes du Figaro, journal, selon elle, écrit par des malades pour des malades....Quelle élégance de la part de cette indépendantiste acharnée qui n'aime pas la France et a contribué à détruire le cœur de toute société civilisée, la Famille).
Quelques morceaux choisis :
........" Pourquoi tant de haine? Pourquoi tant de mépris, de dérision ? Pourquoi tant de sarcasmes, d'invectives, d'insultes ? Pourquoi cette hostilité unanimes des élites, économiques, politiques, intellectuelles, artistiques, médiatiques ? Pourquoi Donald Trump a-t-il subi un tel ostracisme, jusqu'au sein de son propre parti ? "....
........" André Bercoff y répond à la fin de son livre : " Le multimilliardaire se range résolument du côté des déclassés et des laissés-pour-compte, de ceux qu'on appelle en douce France les beaufs, les ploucs, les Dupont-Lajoie. En clair, les réactionnaires. Là est la trahison de Trump que le camp d'en face ne lui pardonne pas." ......
........ " Trump est le traître parfait. Un traître de comédie dans une époque qui nie la lutte des classes pour mieux la protéger et dissimuler la victoire implacables des riches. Un vainqueur qui s'est mis à défendre les perdants ? " .....
........ " Pour découvrir ce secret de la présidentielle américaine, il fallait un journaliste vacciné contre les a priori idéologiques des journalistes ; et un écrivain français vacciné contre l'anti-américanisme. André Bercoff était cet homme là. "....
........ " Séduit, bluffé, oui, mais pas dupe. De sa vulgarité, de son égocentrisme, de son narcissisme, de ses vantardises, de ses roublardises, de son cynisme aussi de VRP de lui-même et de la marque Trump." ....
........ " Quand il dit : " si je cherchais un premier emploi aujourd'hui je serais heureux d'être un Noir hautement diplômé parce qu'il bénéficie d'un véritable avantage ", Trump résume le mal-être d'une classe moyenne blanche, prise en tenailles entre la globalisation et la discrimination positive en faveur des minorités raciales et sexuelles." ....
........ " Trump, c'est le paradoxal retour à la synthèse du New Deal des années 1930 détruite par les héritiers de gauche libéraux et libertaires et l'alliance de Wall Street et des néo-conservateurs.
Bercoff le pressent lorsqu'il met le programme de Trump en relation avec le fabriquez français de Montebourg ou le travailler et vivre au pays du communiste Georges Marchais qui réclamait déjà l'arrêt de toute immigration en 1980; mais il pourrait aller plus loin dans son analyse que le classique les extrêmes se touchent. L e meurtre par la gauche de sa base sociologique, ce qu'elle appelait naguère avec emphase " le peuple de gauche" !, a fini par créer son anticorps. " ....
........ " L e programme de Trump, c'est celui de Roosevelt en 1932 : protectionnisme, grands travaux d'infrastructure, immigration zéro (Roosevelt n'a pas remis en cause les quotas très stricts mis en place dans les années 1920 et qui seront supprimés que dans les années 1960 !), hausse des impôts pour les plus riches, véritable système de Sécurité Sociale et la mise sous tutelle de Wall Street et des financiers. L'ennemi de Trump est vraiment la finance ." ....
........" En politique étrangère, et au-delà des provocations et des invectives de campagne électorale, Trump achèverait la révolution engagée par Obama : l'Amérique abandonnerait les théâtres subalternes pour se concentrer sur la seule défense du marché principal des grandes entreprises américaines : l'Asie ; et affronter le seul rival dangereux : La Chine, à l'instar encore de Roosevelt, privilégiant la guerre contre l'Allemagne nazie afin de "libérer" le principal marché américain : l'Europe. Quitte à sous-traiter à la Russie le Proche-Orient, voire l'Afrique à la France. Trump, ou le petit fils caché de Roosevelt. La preuve par l'absurde de la trahison de la gauche. " .....
........" On comprend mieux soudain la haine que suscite Trump au sein des élites américaines et européennes. Alors, mieux vaut continuer à se moquer de sa chevelure ridicule et de ses blagues de garçon coiffeur".
Contrairement à nos "experts en tout et n'importe quoi" Bercoff et Zemmour pourraient ne pas se "trumper" !!
" L'amour de l'argent est soit la principale, soit la deuxième motivation à la racine de tout ce que font les Américains".
Alexis de Tocqueville
samedi 3 septembre 2016
IDENTITÉ HEUREUSE
A ceux, notamment les médias, qui ont décidé qu'Alain Juppé doit être le prochain président de la République Française, rappelons la phrase prononcée récemment en Egypte par un haut théologien des Frères Musulmans :
" Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons, avec nos lois coraniques nous vous dominerons ".
Les porte-voix de la pensée unique, du politiquement correct, de la bien-pensance obligatoire, de la repentance antifrançaise, de la compassion télévisuelle, du communautarisme militant, de la laïcité antireligieuse, de la condamnation du "récit national", du consternant et affligeant "faire famille", et du vivre ensemble", "expression inepte et indécente qui n'est qu'une blague , une blague sanglante (Jacques Julliard)", feraient bien de réfléchir avant de s'esbaudir devant le slogan mensonger et ravageur du candidat Juppé : l’IDENTITÉ HEUREUSE !!....
" N'ayant pas la force d'agir, ils dissertent".
Jean JAURES
dimanche 28 août 2016
BURKINI : Ridicule et bêtise
" Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion".
Paul VALÉRY
Un peu d'humour face à l'océan de bêtise qui submerge notre pauvre pays qui n'a pas vraiment besoin d'un tel débat digne d'une discussion de bistrot. Cela augure mal des prochains mois qui verront les hommes politiques s'écharper dans l'espoir de conquérir un pouvoir dont ils ne sont pas dignes !
" Une opinion est contredite, mais une conviction est blessée".
Régis DEBRAY
jeudi 25 août 2016
La FORCE D'AME
"Le courage est la seule vertu qu'on ne peut feindre".
Chantal DELSOL
Cf. Le Figaro magazine " Esprits libres" 5 août 2016
Quelques extraits du remarquable entretien avec Chantal Delsol interrogée sur la grande vertu morale qu'est "La force d'âme" :
......." Il faut évoquer Thomas d'Aquin: la force est une fermeté inébranlable (qui ne se laisse pas détourner, que que soit le péril ou la tentation) vers le bien et la justice. Ici la force est l'un des dons de l'Esprit saint. Lorsque Matthieu dit :" le royaume des cieux exige la force, et ce sont les violents qui s'en emparent", il faut comprendre que rien n'est accordé aux mous, aux indifférents, aux désinvoltes, aux négligents. ....Le Royaume n'attend que les intrépides qui le cherchent de haute lutte, sans jamais céder un pouce de terrain. On voit que le courage-force est devenu la qualité privilégiée pour atteindre le salut"........
......." La force est un état, la violence un acte. Nous avons tendance à comprendre la violence comme une force non maîtrisée, et dominée par des pulsions obscures, par des passions, ou par des instincts. .......La force peut accomplir les mêmes brutalités que la violence, mais elle est maîtrisée et vouée à un but louable et pur......
....... "Lorsque Max Weber définissait l'Etat comme "l'instance qui détient le monopole de la violence légitime", il voulait bien dire ceci : la force brutale ne devient légitime que détenue par l'instance légale, et en même temps vouée au bien commun. Dans un Etat de droit, on ne se fait pas justice soi-même. Mais si l'Etat devient tyrannique, le peuple reprend son droit à utiliser la force." ......
......." La force d'âme des héros connus ou inconnus nous remplit d'admiration, car nous qui vivons à un moment de l'histoire où l'on ne se risque qu'au Loto, nous ignorons, chacun de nous, de quoi nous serions capable au sein de circonstances terribles. Et je ne connais rien de si méprisable que cette mentalité de justicier, si courante aujourd'hui, qui consiste à incriminer nos parents de ne pas avoir été suffisamment héroïque en face du nazisme. ..... Le courage est une vertu d'exception, et il est tout à fait crasse de blâmer quelqu'un pour n'avoir pas été Antigone, alors qu'on est soi-même bien au chaud dans ses pantoufles. Il est de bon ton de n'avoir du courage qu'en face du nazisme, ce qui ne coûte pas de pain puisqu'il a disparu depuis soixante dix ans. .......Tous les grands discours sur le courage nous convainquent de ceci : le courage est peut-être la seule vertu qu'on ne peut feindre. On ne le parle pas. On ne peut que l'exercer. On ne peut pas faire semblant d'être courageux! . .....
....... " La crise de Mai 68 correspond à une accélération du phénomène de la douceur, correspondant à une crise de toutes les autorités, et à l'entrée dans une ère du refus de l'effort, et de la complaisance morale. Pendant que, sur le plan politique, on s'imagine que le droit pourrait se dispenser de la force. Nul droit, nulle justice, ne peuvent se passer de la force, qui les garantit. Écoutons Pascal : La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. ......
....... Nos sociétés abusent de la douceur ! Nos médias pleurnichent davantage qu'ils analysent. ....Tout est larmoyant. Nous répétons que nos sociétés sont devenues brutales, mais c'est plutôt que nous ne supportons plus rien ! C'est particulièrement vrai en France, où les citoyens ont l'habitude de tout attendre de l'Etat, et se comportent en tout point comme des enfants insatisfaits. .....
....... " Parce que nous avons peur d'abuser de la force, nous préférons la délégitimer entièrement. Nous suscitons ainsi des sociétés de complaisance où, malgré tout, la force resurgit au marché noir, dans ses pires formes. Mieux vaut l'assumer et la maîtriser. .....
"Le courage et le caractère, vertus des temps difficiles".
Charles de GAULLE
mercredi 17 août 2016
JO : UNE BOUFFÉE D'AIR PUR
" Douce, paisible, effacée, à l'opposée de toutes celles qui jouent les stars après avoir gagné un titre ou deux".
André HALPHEN
Merci à Mélina Robert-Michon pour ce beau moment de sport dont rêvent les vrais amateurs de sport, pratiquants passionnés et obscurs que l’ultra médiatisation, le dopage, le nationalisme exacerbé, la dictature des sponsors révoltent et attristent.
Sa belle médaille d'argent au lancement du disque nous ramène avec un peu de nostalgie, beaucoup de joie, d'admiration et de fierté aux JO de Londres en 1948 au cours desquels Micheline Ostermeyer remporta, avec talent, discrétion et modestie, les médailles d'or du lancement du disque et du lancement du poids et, pour faire bonne mesure, la médaille de bronze du saut en hauteur ! Qui s'en souvient encore ? Son exploit réalisé cette immense championne, concertiste (piano) de renommée mondiale, reprit ses tournées dans le monde entier. La tête et les jambes en quelque sorte.
Aujourd'hui nos petits champions se contentent de dire trois phrases ( ou plutôt des onomatopées le plus souvent incompréhensibles) dans une émission de télévision, Star Academy ou On n'est pas couché......, passage obligé pour toutes ces starlettes éphémères.
" On ne se bat pas dans l'espoir du succès! Non, non c'est bien plus beau lorsque c'est inutile".
Edmond ROSTAND Cyrano de Bergerac
mercredi 3 août 2016
LA FRANCE HUMILIEE
" Le soleil sombre dans la mer,
Le bonheur sombre dans notre âme".
Jeanne NABERT ( Poème "Soleil couchant" )
Réf. : Le Figaro, 30 juillet 2016, Le carnet de Jacques JULLIARD.
Quelques extraits d'une remarquable chronique de l'essayiste et historien Jacques Julliard après l'assassinat du Père Jacques Hamel :
......." Entre le massacre du Bataclan et celui de la promenade des Anglais, et maintenant de Saint-Etienne- du-Rouvray, que s'est-il passé? Huit mois! Rien d'autre. Qu'a donc fait la classe politique pendant tout ce temps-là. Rien,absolument rien !"......
......." Il est humiliant pour une France hier si fière de ses valeurs d'être ébranlée par l'idéologie la plus stupide, la plus barbare qui se soit levée depuis le début des temps modernes: le djihadisme islamique. Ce n'est pas par un hasard si, de tous les pays d'Europe occidentale, elle est le plus souvent et le plus cruellement frappée par le terrorisme. Elle est, la France, devenue intellectuellement et moralement le maillon faible de l'Europe. Elle doute tellement d'elle-même et de son droit qu'elle est paralysée à l'idée du moindre geste qui la ferait "sortir de l'illégalité". Ni Robespierre en 1793, ni Clemenceau en 1917, ni de Gaulle en 1961 n'ont eu de ces prudences, parce qu'ils étaient décidés, les deux derniers en tout cas, à rétablir les libertés provisoirement suspendues, une fois l'épreuve surmontée.
Quelles que soient les péripéties militaires et policières, la France ne sortira du marasme actuel, fait d'angoisse et d'incertitude, que par un renouveau intellectuel et moral. Jeanne devant le Dauphin, Clemenceau devant le Parlement, de Gaulle au micro de Radio Londres n'ont qu'un seul et même message: :oui, le royaume de France existe; oui, la République existe; Oui, la France existe".....
" Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles".
Sir Winston CHURCHILL
mercredi 27 juillet 2016
Père Jacques HAMEL
"Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font".
Évangile selon Saint Luc (23,34)
Devant un tel acte de barbarie nous, catholiques, nous nous devons de répondre de manière spirituelle pour être à la hauteur du message d'amour au cœur de notre foi. Pourtant comment ne pas être traversé par un sentiment de colère et de révolte devant l'impardonnable impuissance de "l'autorité publique" au plus haut niveau depuis des dizaines d'années, si ce n'est la complicité de cette même autorité, au nom de je ne sais quelle idéologie multiculturelle, communautaire, altermondialiste...., ou d'un vivre ensemble, "cette expression inepte et indécente, qui n'est qu'une blague, une blague sanglante" comme l'a écrit récemment Jacques Julliard.
Relisons Saint Augustin pour nous aider à calmer cette colère que le Père Hamel aurait certainement désapprouvée :
" Je connais des chrétiens qui aiment leurs ennemis. C'est possible, j'en ai fait l'expérience.Si tu penses que c'est impossible, tu n'y arriveras pas. Il faut d'abord y croire et tu découvriras que c'est possible. Et puis, prie, que la volonté que la volonté de Dieu s'accomplisse en toi. Quel avantage tires-tu du côté mauvais de ton ennemi? S'il n'y avait pas quelque mal en lui, il ne serait pas ton ennemi. Souhaite-lui du bien, qu'il mette un terme au mal et il cessera d'être ton ennemi. C e n'est pas sa condition humaine qui fait de lui ton ennemi, mais ses fautes. Comme toi il a un corps et une âme : ce n'est pas la raison de votre inimitié. Il est celui que tu es, vois en lui un frère.
Souhaite tout le bien possible à ton ennemi. Vous partagez la même condition humaine. Vous avez été modelés de la même glaise, animés du même souffle divin. (.....) Dieu est notre père, l'Eglise notre mère. Voilà ce qui fait de nous des frères, des sœurs. Invoque ton Père qui est aux cieux et prie pour tes ennemis. Saül n'était-il pas un ennemi de l'Eglise? On pria pour lui et il devint un ami. Prie pour que disparaisse le mal dans ton ennemi. Si le mal meurt en lui, alors il vivra. Une fois morte sa méchanceté, tu as perdu un ennemi, c'est vrai, mais tu as trouvé un ami".
Saint Augustin (Sermon 56,14)
" Les maux se multiplient et Dieu l'a voulu ainsi. Ah, ils ne se multiplieraient pas autant, si les méchants n'étaient pas si nombreux ! Les temps sont mauvais, les temps sont difficiles, répète-t-on partout. (...) Les temps sont mauvais, les temps sont difficiles, voilà ce que disent les gens. Vivons bien, et les temps seront bons ! c'est nous qui sommes les temps ! Tels nous sommes, tels sont les temps.
Mais que faisons nous ? Nous ne pouvons mener au bien la masse des hommes. Soyez bons, vous qui m'entendez en si petit nombre; que le petit nombre des bons supporte le grand nombre des méchants. Ces bons sont le grain, le grain sur l'aire, ils peuvent sur l'aire être mêlés à la paille ce mélange n'aura point lieu sur le grenier. Qu'ils tolèrent ce qui leur déplaît, afin d'arriver à ce qu'ils cherchent.
Pourquoi nous désoler et accuser Dieu? Les maux se multiplient dans le monde, pour nous préserver de l'amour du monde. Les grands hommes, les saints et les vrais fidèles ont méprisé le monde dans son éclat; et nous ne saurions le dédaigner dans ses tristesses ! Le monde est mauvais, oui il l'est; et on l'aime comme s'il était bon ! Or, qu'est-ce-que ce monde mauvais ?
Ce qu'il y a de mauvais, ce n'est ni le ciel, ni la terre, ni les eaux, ni ce qui s'y trouve renfermé, oiseaux, poissons, végétaux. Tous ces êtres sont bons, et ce sont les hommes mauvais qui rendent mauvais le monde. Néanmoins, comme il est impossible que nous rencontrions des hommes mauvais dans tout le cours de cette vie, élevons nos gémissements, je l'ai déjà dit, vers le Seigneur notre Dieu, et supportons le mal pour arriver au bien. Ah, ne blâmons point le Père de famille, car il est bon. C'est lui qui nous porte, ce n'est pas nous qui le portons. Il sait comment gouverner son oeuvre. Fais seulement ce qu'il commande et espère ce qu'il promet".
Saint Augustin (Sermon 80,8)
" Quel est l'amour parfait, sinon d'aimer même nos ennemis et de les aimer pour qu'ils deviennent frères ? Car notre amour ne doit pas être selon la chair. Souhaiter à quelqu'un une bonne santé en cette vie, c'est bien; mais même si cette santé lui faisait défaut, que son âme soit sauve. Tu souhaites à l'un de tes amis longue vie ? Tu fais bien. Tu te réjouis de la mort de ton ennemi? Tu as tort. Mais peut-être, pour ton ami, cette vie que tu lui souhaites est-elle inutile et, pour ton ennemi, cette mort dont tu te réjouis a-t-elle été utile ? On ne sait si, pour quelqu'un, cette vie est utile ou non. Mais la vie auprès de Dieu a son utilité assurément. Aime tes ennemis au point de les avoir pour frères. Aime tes ennemis en sorte qu'ils soient appelés à être en communion avec toi. Car il a aimé de cette façon celui qui, suspendu à la croix,a dit : " Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font" (Luc 23,24). Il n'a pas dit en effet : "Père, que ces hommes aient une longue vie; ils me font mourir, mais qu'ils vivent, eux". Mais que dit-il ? Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font. C'est la mort éternelle qu'il chassait loin d'eux par sa prière pleine de miséricorde et par sa souveraine puissance. Beaucoup parmi eux ont cru, et il leur a été pardonné d'avoir versé le sang du Christ. D'abord ils l'ont versé en déchaînant leur fureur contre lui; après ils l'ont bu en croyant en lui." A ceci nous savons que nous sommes en lui, si en lui nous sommes devenus parfaits" (Jean,2,5). A propos de cette perfection qui nous fait aimer nos ennemis, le Seigneur nous recommande : " Donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait (Matthieu, 5,48). (....) Ainsi, si tu as appris à prier pour ton ennemi, tu marches sur le chemin du Seigneur"
Saint Augustin ( Commentaires sur la Première Épître de Jean, 1,9)
Répondre de manière spirituelle n'empêche cependant pas le catholique que je suis de demander avec force à nos évêques de France, fille aînée de l'Eglise, de nous aider à retrouver le vrai sens de notre foi, à rompre l'optimisme béat qui nous conduits à ânonner avec eux des banalités humanitaires sans référence affichée avec force et conviction à la Croix, au péché, au combat spirituel, à la nécessité de la grâce et des sacrements, de l'enseignement doctrinal, de l'expiation et du sacrifice. (Réf. Philippe Maxence) .
jeudi 30 juin 2016
BREXIT et Démocratie
" L'homme se distingue de l'animal en ceci qu'il est doué d'arrière-pensées".
Antoine BLONDIN
Depuis la décision de la Grande-Bretagne de quitter l'Union Européenne nous assistons à une offensive encore jamais vue, tout aussi grotesque que scandaleuse, des médias, politiciens, "intellectuels" (?..) et autres "sachants" auto proclamés, contre le peuple, en particulier les vieux, qui aurait mal voté. Une véritable campagne comme au bon vieux temps du régime soviétique et de son porte parole, l'agence Tass.
Au milieu de ce concert de vociférations et de désinformation certaines voix appellent à la raison tout en s'inquiétant de ce déni de démocratie. C'est l'objet de la chronique de Chantal Delsol publiée dans le Figaro de ce jour sous le titre:
" A quoi bon l'Europe s'il ne doit pas y avoir de démocratie ?"
Quelques extraits :
" Contrairement à ce que nous entendons partout, nous n'avons pas affaire à une crise de la construction européenne, mais à la plus grande crise de la démocratie jamais connue depuis ses origines modernes, c'est-à-dire depuis deux siècles.
Depuis une vingtaine d'années déjà, une pensée insidieuse s'étend selon laquelle le peuple pense mal, comprend mal et, finalement, vote mal. L'élite se veut seule habilitée à penser, comprendre et, finalement voter pour le bien de tous. Nous avons l'habitude de voir l'institution européenne contourner les votes des peuples, faire le contraire dans leur dos ou de faire revoter jusqu'à revoir leur quitus. On sait qu'il n'y a rien de si peu démocratique que l'institution européenne et c'est bien aussi pourquoi les Anglais la quittent."..... ..." Mais ce qui se passe depuis le Brexit devient très inquiétant ".....
......" Les médias se déchaînent autour de quelques idées phares : les électeurs n'ont rien compris; les referenda de ce genre ne sont que des consultations ! (il aurait fallu alors le dire avant..); dans ce cas, il faudrait 60% au lieu de 50% ( même remarque); ceux qui ont voté pour le Brexit le regrettent déjà; d'ailleurs un référendum n'est pas démocratique".....
......" Bernard Henri Lévy écrit dans le monde qu'avec le Brexit, les nains de jardin vont remplacer Michel-Ange. J'ai honte de voir dans mon pays son scandaleux mépris, digne des pires époques féodales. La démocratie repose tout entière sur le principe selon lequel les propriétaires des nains de jardin sont aussi capables que n'importe quel intellectuel de décider si la France doit en temps de paix payer ses dettes ou s'endetter encore, ou en temps de guerre, résister ou collaborer "....
...." Une démocratie malade ne se remplace plus, mais se dégrade insidieusement. La défense de l'Europe institutionnelle, agissant exactement comme une idéologie, contourne la démocratie en permanence en niant les résultats des urnes chaque fois que l'opinion des citoyens ne va pas dans son sens......." L'idéologue est forcément tricheur et menteur, puisqu'il ignore le doute et traite comme des insectes ceux qui ne pensent pas comme lui."....
....." Autrement dit, il n'y a pas en l'occurrence deux partis nantis de deux opinions divergentes. Il y a le parti des idiots, qui se trompent, et le parti de ceux qui ont raison absolument. Le malheur veut que le parti des idiots ait gagné, et cela engendre un lamento continu qui discrédite évidemment l'institution démocratique"...
....." A quoi bon l'Europe si c'est pour éteindre la démocratie ? A quoi bon l'ouverture aux autres peuples du continent si c'est pour se fermer d'un mépris cordial, à ceux qui qui vivent dans nos provinces et tiennent à leur identité ?.....
" Que ton oui soit un oui".
Saint MATTHIEU
samedi 25 juin 2016
BREXIT :TAKE A BOW, BRITAIN ! CHAPEAU LES ANGLAIS !!
Charles de GAULLE
Merci, chers anglais, pour cette formidable leçon de démocratie, de pragmatisme, d'audace mais aussi de raison et de bon sens ! Vous venez de dire tout haut ce que beaucoup d'habitants de l'Union européenne n'osent pas dire, ne peuvent pas dire ou, pire encore, ont dit, en France notamment il y a quelques années, mais ont été désavoués par la classe politique. Vous avez refusé l'arrogance, l'incompétence et l'autoritarisme technocratique d'eurocrates cupides au service de leurs seuls intérêts, à l'image de Jean-Claude Juncker, archétype de la fatuité et du mépris des dirigeants autoproclamés d'une Europe dévoyée.
Merci d'avoir signifié sans honte votre refus de la disparition de la nation, de la patrie, qui appartient au peuple qui l'a construite siècle après siècle, épreuve après épreuve, et ne veut pas la voir disparaître au nom de je ne sais quelle idéologie multiculturelle, communautaire, altermondialiste (et patati et patata....) ou d'un "vivre ensemble" (!), "cette expression inepte et indécente, qui n'est qu'une blague, une blague sanglante" (Jacques Julliard).
Merci de nous avoir rappelés aux devoirs des grands pays. Puisse ce rappel à l'ordre ouvrir les yeux de nos élites et les inciter à construire une Europe des nations avec les peuples qui le désirent !
A voir et écouter les réactions et les mines déconfites, voire effrayées, de nos dirigeants, vous avez visé juste. C'est l'affolement absolu chez tous ces incompétents qui mesurent enfin la profondeur du gouffre qui s'ouvre sous leurs pieds...Même réaction dans les médias, caisses de résonance serviles et tout aussi incompétentes de ces soi-disant élites qui les nourrissent et qu'ils flattent sans vergogne. Ces médias qui parlent aujourd'hui de xénophobie, de racisme même, décrétant ce vote contraire au politiquement correct et à la bien-pensance multiculturelle chère au pitoyable Bernard-Henry Lévy, philosophe de comptoir adoré des bobos.
" Je n'ai pas de rancune contre les imbéciles s'ils font des progrès".
Coluche
Une certitude, le peuple anglais par ce vote va redonner à son pays, prospérité, dynamisme, fierté et joie de vivre, comme il a toujours su le faire tout au long de son histoire, débarrassé du carcan de l'Union européenne, même, et surtout, si cela doit se faire parfois dans "la douleur et les larmes".
" A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison de la ramener à ses origines".
Léon XIII , Rerum novarum
dimanche 12 juin 2016
HAYDN La Création
" Mon cœur déborde de gratitude envers la musique qui si souvent m'a consolé et qui m'a tiré de grands malheurs".
Martin LUTHER
L'Ensemble Vocal Renaissance du Havre et The Wirral Symphony Orchestra de Liverpool sous la direction d' Emmanuelle Pascal-Falala et de Jonathan Small ont donné en concert au mois de Mai dernier à Liverpool, Fécamp et Le Havre le magnifique Oratorio, La Création, de Josef Haydn, accompagnés de trois formidables solistes : Barbara Ruzsics (soprano), Pascal Bourgeois (ténor) et Arnaud Richard (basse).
Présentation de l'oeuvre : Réf. : Joseph Haydn de Marc Vignal (Fayard)
Guide de la musique sacrée (Fayard)
Histoire de la musique (La Pléiade)
Avec La Création, oratorio écrit en 1798, Joseph Haydn, grand défenseur de la "musique pure", trait d'union entre l'âge baroque et le classicisme, vise à "peindre la musique". Le succès international de La Création est un phénomène sans équivalent dans l'histoire de la musique qui a permis à Haydn d'atteindre les sommets de sa gloire, au même titre que Les Saisons, oratorio écrit deux ans auparavant. Inspirée par le caractère monumental et dramatique de G.F.Haëndel dont on retrouve l'énergie et la vigueur de l'écriture, cette oeuvre s'en distingue par l'admirable fraîcheur du langage.
La Création, récit de la création du monde en six jours et l'évocation de l'Eden le septième jour, jour de repos, est une oeuvre tout à la fois exaltante, flamboyante, charmante et réconfortante. Le souffle épique qui parcourt ce magnifique oratorio n'empêche pas la coexistence improbable du sublime et du populaire, exigence fondamentale de l'époque que l'on retrouve dans La Flûte Enchantée de Mozart,quelques années auparavant.
Au travers de somptueux chœurs de louange et d'actions de grâce, La Création, écrite à la gloire du Seigneur, nous révèle la foi religieuse inconditionnelle de Haydn : " Je n'ai jamais été aussi dévot que pendant la période où je travaillais à La Création". Le premier mouvement intitulé "Représentation du Chaos" ne peut laisser quiconque indifférent; n'a-t-on pas évoqué d'ailleurs à ce propos un véritable "big-bang musical" !, faisant sans doute référence au fulgurant contraste orchestral et choral entre l'évocation sombre et douce du néant qui existait avant la création et la stupéfiante annonce par le chœur de la lumière qui lui succède : Et l'esprit de Dieu planait au-dessus de l'eau et Dieu dit : Que la lumière soit et la lumière fût".
Avant d'écouter cette oeuvre exubérante et pleine d'espérance, prenons le temps de méditer ce jugement de Nicholas Mathew, professeur de musique à Berkeley qui a écrit à propos de La Création : " Une oeuvre originale et singulière, une manifestation libre et authentique de l'art qui, pour la réalisation d'un nouveau jardin, d'un nouvel Eden, eut recours à la main du maître".
Les trois concerts furent des moments de pur bonheur. Laissons la parole à Emmanuelle Pascal-Falala : " une explosion de belle musique, de belles voix de solistes, de sons orchestraux, de voix humaines vibrantes et généreuses conduites par un chef profondément passionné et attentif ". Comment ne pas évoquer " la puissance de l'orchestre, la beauté de l'interprétation des solistes, la joie qui se dégage de la musique d'Haydn et son langage étonnamment expressif. Mais aussi les moments de silence, le temps suspendu, les nuances des solistes qui nous emmènent dans un autre monde, au delà de la réalité". Impressionnant; oui il y avait comme "un esprit qui planait au-dessus" de nous tous. L'ovation du public était à la mesure du choc émotionnel".
Un grand moment de musique assurément !!
" Après la parole de Dieu, le noble art de la musique est le plus grand trésor au monde".
Martin LUTHER
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