vendredi 27 novembre 2020

LA MESSE (suite)

 



" Une Eglise qui ferme ses églises ne peut susciter qu'une sorte de vocation : la vocation du serrurier."

                    Philippe de VILLIERS

        

                     L'analyse du philosophe Pierre Manent montre avec pertinence et sans concession avec quel acharnement la République Française s'attache à déchristianiser notre pays depuis des décennies, bien aidé, hélas,  par la pusillanimité de l'épiscopat français.

   Ce conflit met aussi en lumière le conflit au sein même de l'Eglise catholique entre les tenants de la nouvelle église "sociale" reconvertie en ONG, voulue et encouragée par le Pape François, et les jeunes catholiques charismatiques, honnis par leurs aînés post soixante-huitards, nostalgiques de Vatican II, pour qui la messe est le sommet de la vie d'un chrétien. 


Réf.: Le Figaro,  27 novembre 2020


«Une offense délibérée à l’Église catholique»

TRIBUNE - Le philosophe, qui occupe une place éminente dans le paysage intellectuel français, exprime sa très vive réprobation devant l’attitude de l’exécutif sur l’affaire de la «jauge» dans les églises et en dégage les enseignements.

jeudi 26 novembre 2020

LA MESSE : IL FAUT SE RENDRE A L'EVIDENCE .....

 


                      " Il faut oser ou se résigner à tout"

                                     TITE-LIVE

 

                         Pauvre Eglise de France, anciennement "fille ainée de l'Eglise, incapable de tenir tête à l'Etat français, autoritaire et sans scrupule, complétement dépassé par les événements, méprisant avec les faibles et d'une incompétence abyssale.

     La confirmation par le gouvernement de la limite de 30 personnes au maximum autorisées à assister à la messe, quelle que soit la capacité nominale de l'église...., malgré une demande de révision de cette autorisation par le président de la Conférence des Evêques de France (CEF), Monseigneur Eric Moulins-Beaufort, est une humiliation de plus subie par l'Eglise de France. Humiliation semble t'il acceptée par la CEF qui "twitte" : "Nous sommes surpris et déçus" !!......Les francs maçons à la manœuvre en rient encore.....

    Il faut se rendre à l'évidence l'Eglise de France a perdu toute influence dans notre pays et pour longtemps. L'espoir, car bien sur il y a toujours chez les catholiques une lueur d'espoir pour ne pas dire une Foi, demeurera tant que quelques évêques courageux réagiront, à titre personnel certes mais au nom de leur Foi, avec vigueur comme ils le font depuis quelques années au grand dam de la CEF.

     Messeigneurs Aupetit, Alliet, Rey, Cattenoz, Ravel, d'Ornellas et autres continuez à porter haut la parole des catholiques !

 

" Il n'y a qu'un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien."

                                   Antoine de SAINT-EXUPERY





lundi 9 novembre 2020

TERRORISME : VISION GAULLIENNE








"La grandeur est un chemin vers quelque chose que l'on ne connaît pas".

                        André MALRAUX

                 

                             En ce jour de commémoration des 50 ans de la disparition du général de Gaulle, figure tutélaire de la nation française, l'essayiste Edouard Tétreau nous rappelle  fort opportunément ce que pourrait être une position gaullienne face à la menace islamiste qui sape les fondements mêmes de notre pays dont "tous les piliers de la réussite françaises se sont effondrés" année après année, par incompétence, idéologie, manque de courage, et autre ambition personnelle. 

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 Réf. : Figaro, Opinions, 7 novembre 2020


Édouard Tétreau:

 «Face à l’islamisme, la leçon politique du général de Gaulle»                                               

TRIBUNE  Face à la menace, qui n’est pas à nos portes, mais déjà chez nous, le président de la République doit être intraitable et utiliser tous les moyens que lui donne la Constitution de la Ve République, estime l’essayiste.


                            «Voici novembre.». Par ces deux mots, le général de Gaulle ouvrait le dernier chapitre de ses Mémoires de guerre. Il n’aimait pas le mois pluvieux et sombre de sa naissance (le 22 novembre 1890), le mois du Jour des morts, qui fut aussi celui de sa disparition (le 9 novembre 1970), dont nous célébrons cette année le cinquantenaire. Novembre 2020 s’annonce tout aussi lugubre, entre un confinement suicidaire (tuer commerces et restaurateurs juste avant Noël) ; des hôpitaux publics débordés par l’épidémie, le centralisme jacobin et l’impréparation de leurs chefs ; et des islamistes tuant au gré de leur barbarie un enseignant,  des femmes et un sacristain en train de prier dans une église, ou menaçant la semaine dernière les Arméniens de Dijon, Vienne et Décines, de pogroms en bonne et due forme.

                          Ce n’est pas encore la «Toussaint rouge» de 1954 - les assassinats d’un couple d’instituteurs, de quatre militaires et deux policiers qui démarrèrent la guerre d’Algérie. Mais c’est le début de quelque chose, en France comme en Europe (Vienne).

                         Dans ce contexte dramatique, où le virus de la peur s’installe dans les esprits, que peut dire le président de la République à Colombey-les-Deux-Églises lundi, pour rendre hommage à l’homme du 18 juin, celui de la résistance à l’ennemi et de la reconquête de la fierté nationale?

                         On espère ici une chose singulière: que le président fasse silence, pour deux raisons. D’abord par décence: en cinquante ans, deux générations de Français ont dilapidé l’héritage gaulliste, les uns par individualisme jouisseur, les autres par cynisme ou lâcheté. La gauche caviar tendance Béluga, celle qui donne des leçons d’ouverture à l’autre depuis ses bunkers de la rive gauche ; la droite du fric pour le fric, celle qui encourage l’immigration pour baisser les salaires, et vend nos actifs les plus stratégiques à l’étranger, ont livré le pays à lui-même, et abandonné son peuple. On accueille à bras grands ouverts les nouveaux arrivants et leurs mœurs spectaculaires, pour mieux oublier les Français ordinaires, sans ressources et histoire autres que celles de notre pays.

                         Aujourd’hui, à l’exception notoire de nos armées et notre diplomatie, tous les piliers de la réussite française de l’après-guerre se sont effondrés les uns après les autres, parce que l’on a retiré la clé de voûte de la cathédrale: la fierté d’appartenir à une seule et même nation, dont nous savions réciter les pages les plus glorieuses de son histoire millénaire.


L’islamisme n’est plus à nos portes : il est chez nous. Et chacun de nos atermoiements, chacune de nos reculades, chacun de nos discours lyriques non suivis d’actions concrètes le renforce

                           Faire silence, aussi, parce que le président ne saurait être celui de la République des hommages à répétition et des chrysanthèmes fanés. La VRépublique n’est pas ce régime bavard, impuissant, et virevoltant. Emmanuel Macron n’est pas René Coty.

                           Le président utilise souvent la métaphore des années 1930 pour caractériser l’état de la France, dans la crise multiple que nous traversons. Nous y sommes, en effet. L’ennemi n’est plus le nazisme, mais - et le résident l’a nommé clairement - l’islamisme, qui avance ses pions dans l’esprit des gens et dans les territoires: ceux au loin, comme la Libye, la Syrie, le Haut-Karabakh qui risquent de basculer sous la domination turque ; et ceux au plus près de nous, dans nos quartiers, nos villes, nos écoles, nos piscines et clubs sportifs. L’islamisme n’est plus à nos portes: il est chez nous. Et chacun de nos atermoiements, chacune de nos reculades, chacun de nos discours lyriques non suivis d’actions concrètes le renforce.

                            Trois semaines après la décapitation de Samuel Paty, une semaine après l’attentat contre les catholiques à Nice, quelles actions significatives ont été engagées? Le moment est venu de faire la guerre à l’islamisme en France, en s’appuyant sur le dernier morceau de l’héritage gaulliste que nous n’avons pas encore dilapidé: la Constitution. Parce qu’il ne saurait être question de démarrer cette guerre en s’affranchissant de l’État de droit - nous donnerions raison à nos ennemis —, utilisons les pleines ressources de la Constitution: faut-il doubler l’état d’urgence sanitaire d’un état d’urgence sécuritaire? Faut-il recourir à l’article 16 ou à l’article 36? À l’exécutif de trancher, pour voir ce qui lui permettra d’agir enfin à la hauteur de la situation. Si les forces de l’ordre ont pu en un week-end contrôler 100.000 personnes et en verbaliser 5000 pour non-respect du confinement, qu’attendent-elles pour appréhender et neutraliser les milices turques de Vienne, Décines et Dijon? Qu’attendent-elles pour fermer sine die la centaine de mosquées radicales identifiées par la DGSI ; pour interner et expulser les 4500 fichés S étrangers?

                              Emmanuel Macron, en ce cinquantenaire de la mort du général de Gaulle, a un choix simple devant lui: temporiser, jouer l’apaisement avec l’islamisme en France. Et devenir l’Édouard Daladier de la France du XIXe siècle: celui qui avait les moyens d’agir mais qui a préféré ne rien faire. Ou bien, choisir la voie difficile mais urgente du combat, qui fédérera tous ceux, bien plus nombreux qu’on ne le pense, qui continuent de se faire une certaine idée de la France

 «Puisque ceux qui avaient le devoir de manier l‘épée de la France l’ont laissée tomber brisée, moi, j’ai ramassé le tronçon du glaive.» a dit de Gaulle le 13 juillet 1940.

                           À Emmanuel Macron en 2020, avec l’aide de son ministre de l’Intérieur, de relever le défi et le glaive.

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      Monsieur Macron ressaisissez-vous ! Les beaux discours et les marches blanches ne suffisent pas .......Agissez !


"Puisque ceux qui avaient le devoir de manier l'épée de la France l'ont laissée tomber brisée, moi, j'ai ramassé le tronçon du glaive."

                Charles de GAULLE




mercredi 30 septembre 2020

DENIS TILLINAC

 



 

« Le gaullisme est un mot de passe entre irréguliers que l’air du temps indispose. »

« Nous autres, les orphelins, quel autre recours contre la passivité voyeuriste dans laquelle on veut nous encager que de pérenniser le songe gaullien en ressuscitant l’esprit de chevalerie ?.. »

                    Denis TILLINAC


                  Un dernier coup de gueule de ce formidable journaliste, écrivain et poète, amoureux inconsolable de la France, amoureux fou du rugby, auteur du "Dictionnaire amoureux de de Gaulle", passionné de sa Corrèze chiraquienne, catholique affirmé envers et contre tout.

                 Cet "artisan de l'amitié", comme l'a si bien défini Hervé Gaymard, personnifiait le bonheur d'être français; il ne cachait pas sa grande passion de la France à une époque où il est de bon ton de ne jurer que par le funeste "nouveau monde" cher à nos bobos écolos gauchisants qu'il égratigne avec vigueur et sans faux semblant dans cette dernière chronique.


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Réf. : Valeurs Actuelles, 26 Septembre 2020, "Vue de ma Fenêtre".


Le Tour de France, les sapins de Noël ? Pas assez “écolos”. Les “gilets jaunes” ? Des populistes. La gauche bobo méprise le petit peuple qui ne sait plus voter “bien”. Dans son ultime chronique, parue dans notre dernier numéro, Denis Tillinac, disparu ce jour, ferraillait encore contre les folies de l'époque.

 

 

                       Le maire de Grenoble n'aime pas le Tour de France, celui de Bordeaux n'aime pas les sapins de Noël. Leurs arguties ineptes maquillent en souci écologique un mépris de caste pour les réjouissances ou les traditions populaires. Rien de plus, rien de moins. Depuis que l'électorat communiste a viré au lepénisme, la gauche bobo laisse suinter à ciel ouvert et sans scrupule son aversion pour le populo. À son aune, le mot cherche la rime entre clodo et “facho”. Sous le règne de Mitterrand, elle affectait encore des compassions de dame patronnesse pour les prolétaires : ils votaient “bien”. Mais son pathos flattait à l'encolure un “peuple de gauche” de plus en plus virtuel, il singeait sans plus y croire le lyrisme de Gambetta, de Jaurès ou de Blum.

                        À présent, son hostilité aux mœurs populaires ne prend plus la peine de biaiser : le prolo n'est qu'un beauf vautré dans sa ringardise, suspecté de pulsions “nauséabondes”, il faut le museler s'il s'avise d'exprimer sa colère. D'où une hostilité viscérale envers les “gilets jaunes” dans la phase initiale du mouvement, quand il était provincial, apolitique, bon enfant et saucissonnait au rouge qui tache sur les ronds-points à la périphérie des villes moyennes. Une seule solution pour diluer ce mépris de classe dans un semblant de conscience politique avouable : dégainer l'imputation de “populisme”. Qu'est-ce qu'un populiste ? Un prolo qui n'adhère pas aux présupposés du bobo, ignore son esthétique, récuse son snobisme, avoue en toute candeur des goûts et des couleurs sans commune mesure avec la culture de cour. Il est ouvrier, paysan, employé, boutiquier, camionneur ou chômeur. Il « roule en diesel et fume des clopes » : cette définition de l'inénarrable Griveaux a résumé sans fard le jugement du sérail. Il aurait pu compléter la panoplie avec le Ricard, le foot, le PMU, le fast-food et la gauloiserie. Le prolo est un nuisible qui vote “mal” ; à ce titre il n'a droit qu'à la réclusion ad vitam dans l'enfer des réprouvés.

                         Fut un temps où l'idéal (évangélique) de justice sociale était majoritairement l'apanage du militantisme de gauche, politique et syndical. Honneur à ceux qui, entre les soldats de l'an II et le Front pop, auront défié les puissants, souvent au péril de leur vie, pour enfanter un monde moins dur aux humbles ! Honneur aux “hussards noirs” qui auront inculqué aux futurs poilus de 1914-1918 l'amour sans clause de style de la vertu et de la patrie ! Honneur aussi aux cathos qui auront pris le parti des pauvres, et non celui du châtelain, de l'évêque ou du maître des forges, nonobstant l'anticléricalisme ambiant ! Oui, la gauche de Hugo, de Zola, de Vallès, de Péguy a des titres à notre respect, autant que la droite (ou plutôt les droites) de Chateaubriand, de Tocqueville ou de Bernanos.

                          Ces droits, la gauche sartrienne les a ruinés après la Libération par sa soumission lamentable à la folie stalinienne. Encore avait-elle un alibi, dont elle a abusé : le PCF était indéniablement le parti de la classe ouvrière. Privés de cet expédiant, ses héritiers recyclent leur pharisaïsme dans la défense et illustration des “minorités”, mais cette défausse ne trompe personne, elle permet juste de cautionner une mise au rebut du Français des faubourgs et des zones rurales. On lui trouve de mauvaises manières, on lui prête de mauvais instincts. On lui règle son compte en le noyant dans cet « archipel » de « communautés » décrit par Jérôme Fourquet.

                         On ? Des faux derches qui osent encore se réclamer de la gauche, mais déshonorent la mémoire de ses héros. Pas tous, soyons juste. En tout cas le gratin écolo des métropoles. Et comme la droite a pareillement renié les figures de son imaginaire, le peuple français, orphelin à tous égards, cherche en aveugle à qui, à quoi se raccrocher.

                         Conformément à la prophétie de Marx, l'histoire rejoue ce qu'elle a forgé dans le sang et les larmes sur le mode de la farce. C'est une mauvaise farce qui a mis sur le pavois municipal les contempteurs soi-disant “bio” du Tour de France et du sapin de Noël, à la faveur d'un scrutin dévoyé par un taux énorme d'abstentionnistes. Puissent les élections à venir les renvoyer à leurs trottinettes, ils ridiculisent une cause par ailleurs très défendable.

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             Adieu cher Denis Tillinac, ardent défenseur de la France éternelle, pour qui l'honneur, la bravoure, l'amitié et la liberté avaient un sens. A ceux qui te reprochaient de défendre ces vertus rédemptrices tu as répondu avec panache : "Du bonheur d'être réac" ! Ces "faux derches, comme tu aimais à les appeler, s'en étranglent encore de rage ....

 

 « ….Cet ancien monde où les vivants n’en finissaient pas de dialoguer avec leurs antécédents..... »

 «.... Dans le nouveau monde, qu’ils soient morts ou vifs, les vivants sont seuls au monde, dos au mur face à un précipice. »

                    Denis TILLINAC