lundi 28 octobre 2019
SYNODE DE L'AMAZONIE
"C'était hier l'été, voici venir l'hiver."
Charles BAUDELAIRE
Ainsi donc,comme on pouvait le craindre, le synode d'Amazonie voulu par le Pape François, soutenu par le fondateur de la mortifère "théologie de la libération", Gustavo Guttièrrez, condamnée par Saint Jean Paul II et Benoît XVI, a franchi une nouvelle étape dans la transformation de l'Eglise en une ONG activiste au sein de laquelle "le mystère, la vie et l'action de l'Eglise sont réduits à des actions de "conseil" et de service social " (Martin Lasarte Topolanski, missionnaire). "Créer du lien social" et partager "la maison commune", voilà les nouveaux commandements !
L'écologie devient la priorité des priorités !!....au point de créer un "péché écologique" ....dont la définition tout aussi abscons que ridicule prêterait à rire s'il ne s'agissait d'un sujet aussi grave, qu'on en juge :
" Action ou omission contre l'environnement " qui se manifeste "par des actes et des habitudes de pollution et de destruction de l'harmonie de l'environnement, des transgressions contre les principes d'interdépendance et la rupture des réseaux de solidarité entre les créatures et contre la vertu de la justice" ......
Diable, le démon se cache vraiment là où on ne l'attend pas ! On attend avec impatience la liste des péchés écologiques véniels et celle des péchés mortels....Peut-être rouler en voiture électrique ou rouler avec une voiture diesel ?!..
Pour faire bonne mesure et accompagner ce nouveau péché, notre nouvelle ONG prévoit la création de "ministères spéciaux" destinés à la "promotion de l'écologie intégrale" !!! La soutane verte contre la burqa sans doute ?
Devant tant d'ineptie ne perdons pas espoir et écoutons Monseigneur Rey :
"Le Magistère de Pierre et de ses successeurs est d'attester d'une Vérité qui nous transcende et qui nous élève jusqu'à Dieu".
" Dans notre monde postchrétien monte, sans que nous n'osions toujours l'entendre un immense besoin de christianisme, un christianisme attestataire et confessant".
"Le radicalisme et la prétention de certains bouffeurs de graines est d'une prétention inouïe".
Alexis ROUX de BEZIEUX
mercredi 16 octobre 2019
PMA : ILS SONT DEVENUS FOUS !!
" La Femme aura Gomorrhe et l'Homme aura Sodome,
Et, se jetant de loin un regard irrité,
Les deux sexes mourront chacun de son côté".
Alfred de VIGNY
L'autorisation de la Procréation Médicalement Assistée pour les femmes seules et les couples de femmes, au nom de "l'égalité homme-femme et du droit à l'enfant " !!....., dernière étape avant la Gestation Pour Autrui, prive l'enfant d'un père ( puis, à terme d'une mère avec la GPA), c'est à dire de "l'homme qui devient père en ce qu'il sert le petit enfant que sa mère lui donne et honore ainsi ce don" (Père Laurent Stalla-Bourdillon).
En réponse à nos apprentis sorciers et autre Docteur Folamour qui ont déclaré à l'Assemblée Nationale, je cite :
"Naître volontairement et sans père est une chance et même un privilège"... (!!!)
Agnès BUZYN, ministre de la Santé
"Il n'y a pas de droit de l'enfant à avoir un père" ...(!!!)
Jean-Louis TOURAINE, rapporteur de la Commission du projet de loi bioéthique
le texte qui suit est un formidable témoignage de l'amour d'une jeune fille à son Papa :
"Merci Papa de m’avoir câliné, d’avoir brossé mes
bouclettes de petite fille
Merci Papa d’avoir joué à l’ogre avec nous sur les dunes de Noirmoutier
Merci Papa de m’avoir appris l’amour des vieilles pierres en nous faisant retaper les murs du Gué
Merci Papa de m’avoir emmenée aux puces avec trois euros en poche pour apprendre à négocier
Merci Papa d’être un rêveur
Merci Papa de m’avoir appris à danser
Merci Papa de m’avoir considérée comme une grande, d’avoir discuté avec moi de politique, d’art, de m’avoir invité à ces vernissages, à ces ventes
Merci Papa d’avoir envoyé paître les brocanteurs qui n’aimaient pas les enfants alors que nous, on sait : « on touche qu’avec les yeux »
Merci Papa de me permettre de fouiller dans vos affaires pour prendre ce qui me plait
Merci Papa de nous avoir fait grandir dans des pièces dignes de musée, de Cluny au quai Branly
Merci Papa d’avoir séché mes larmes quand j’ai eu le cœur brisé
Merci Papa de m’avoir offert un appareil argentique, merci de penser à moi à chaque fois que vous allez faire une brocante
Merci Papa de m’avoir fait découvrir le téléphone pleure de Cloclo
Merci Papa de hausser la voix à chaque fois que je dis un prénom de garçon
Merci Papa de m’avoir transmis vos passions
Merci Papa pour tous les compliments
Merci Papa pour l’amour du vrai, du bon, du beau
Merci Papa de ne rien faire sans l’avis de vos petites femmes
Merci Papa de vous être engagés, de nous avoir montrés que nous devions nous dresser contre les injustices, que nous devions vivre debout
Merci Papa d’être mauvais perdant
Merci Papa d’avoir versé une larme en écoutant Bigflo et Oli
Merci Papa d’avoir sauvé Alexis et Jeanne alors que nous étions incapables de bouger
Merci Papa de faire mes démarches administratives pour la petite ingrate que je suis
Merci Papa de vous inquiéter quand on va un peu trop loin dans l’eau
Merci Papa pour tous vos mots d’encouragements pour le concours, merci d’y avoir cru plus que moi
Merci Papa pour tous les trajets
Merci Papa pour la fierté que j’ai entendu dans votre voix quand j’ai été reçue
Merci Papa d’être fier de moi tout court
Merci Papa d’avoir pardonné les colères de votre fille dure
Merci Papa d’accepter que quand j’appelle c’est souvent pour demander Maman
Merci Papa pour les câlins, pour les guilis, pour la voix de Donald
Merci Papa d’être aussi coiffeur, cuisinier, bricoleur
Merci Papa pour tous les restos
Merci Papa pour la manière dont vous prenez un nourrisson dans vos bras
Merci Papa de m’avoir fait tracter, manifester, débattre
Merci Papa pour qui je suis aujourd’hui
Merci Papa au nom de tous ceux qui ne vous ont jamais remercié
Merci Papa de m’avoir montré ce que c’est que d’aimer
Merci Papa de m’avoir montré ce que c’est qu’être libre
Merci Papa de m’avoir montré ce que c’est que d’être un homme
Merci Papa de m’avoir montré ce que c’est d’être un père
Merci Papa."
Merci Papa d’avoir joué à l’ogre avec nous sur les dunes de Noirmoutier
Merci Papa de m’avoir appris l’amour des vieilles pierres en nous faisant retaper les murs du Gué
Merci Papa de m’avoir emmenée aux puces avec trois euros en poche pour apprendre à négocier
Merci Papa d’être un rêveur
Merci Papa de m’avoir appris à danser
Merci Papa de m’avoir considérée comme une grande, d’avoir discuté avec moi de politique, d’art, de m’avoir invité à ces vernissages, à ces ventes
Merci Papa d’avoir envoyé paître les brocanteurs qui n’aimaient pas les enfants alors que nous, on sait : « on touche qu’avec les yeux »
Merci Papa de me permettre de fouiller dans vos affaires pour prendre ce qui me plait
Merci Papa de nous avoir fait grandir dans des pièces dignes de musée, de Cluny au quai Branly
Merci Papa d’avoir séché mes larmes quand j’ai eu le cœur brisé
Merci Papa de m’avoir offert un appareil argentique, merci de penser à moi à chaque fois que vous allez faire une brocante
Merci Papa de m’avoir fait découvrir le téléphone pleure de Cloclo
Merci Papa de hausser la voix à chaque fois que je dis un prénom de garçon
Merci Papa de m’avoir transmis vos passions
Merci Papa pour tous les compliments
Merci Papa pour l’amour du vrai, du bon, du beau
Merci Papa de ne rien faire sans l’avis de vos petites femmes
Merci Papa de vous être engagés, de nous avoir montrés que nous devions nous dresser contre les injustices, que nous devions vivre debout
Merci Papa d’être mauvais perdant
Merci Papa d’avoir versé une larme en écoutant Bigflo et Oli
Merci Papa d’avoir sauvé Alexis et Jeanne alors que nous étions incapables de bouger
Merci Papa de faire mes démarches administratives pour la petite ingrate que je suis
Merci Papa de vous inquiéter quand on va un peu trop loin dans l’eau
Merci Papa pour tous vos mots d’encouragements pour le concours, merci d’y avoir cru plus que moi
Merci Papa pour tous les trajets
Merci Papa pour la fierté que j’ai entendu dans votre voix quand j’ai été reçue
Merci Papa d’être fier de moi tout court
Merci Papa d’avoir pardonné les colères de votre fille dure
Merci Papa d’accepter que quand j’appelle c’est souvent pour demander Maman
Merci Papa pour les câlins, pour les guilis, pour la voix de Donald
Merci Papa d’être aussi coiffeur, cuisinier, bricoleur
Merci Papa pour tous les restos
Merci Papa pour la manière dont vous prenez un nourrisson dans vos bras
Merci Papa de m’avoir fait tracter, manifester, débattre
Merci Papa pour qui je suis aujourd’hui
Merci Papa au nom de tous ceux qui ne vous ont jamais remercié
Merci Papa de m’avoir montré ce que c’est que d’aimer
Merci Papa de m’avoir montré ce que c’est qu’être libre
Merci Papa de m’avoir montré ce que c’est que d’être un homme
Merci Papa de m’avoir montré ce que c’est d’être un père
Merci Papa."
Quelle plus belle réponse à ces fous furieux, adeptes d'un "Nouveau Monde" mortifère ?
" Tout ce qui se perd est à jamais perdu"
Charles PEGUY
dimanche 13 octobre 2019
CLIMAT : UN PEU DE BON SENS !
" Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres,
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts.
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Les bois retentissant sur le pavé des cours.
J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe....
C'était hier l'été; voici venir l'automne !".
Charles BAUDELAIRE
En réponse aux fous furieux du réchauffement climatique qui,selon eux, détruira la planète Terre en 2040.... sauf à brasser de l'air avec des éoliennes, se déplacer en trottinette (à pédales, bien sur !) et à interdire de faire des enfants (sauf pour les femmes seules ou "en couple.." pour lesquelles la PMA est proposée) afin d'éliminer le vilain CO2 que la nouvelle prêtresse de l'écologie punitive, Greta Thunberg, est capable de détecter à l’œil nu, un journaliste australien a écrit ceci à l'intention des jeunes "disciples" de la Bernadette Soubirous de l'écologie, manipulée par le milliardaire Georges Soros :
" Vous êtes la première génération à avoir demandé de la climatisation dans chaque salle de classe; vous prenez vos leçons sur ordinateur, vous avez une télé dans chaque pièce et vous utilisez toute la journée des appareils électroniques; au lieu de marcher pour aller à l'école, vous prenez toutes sortes de moyens de transport. Vous êtes les plus grands consommateurs de toute l'histoire de l'humanité, vous achetez sans cesse les vêtements les plus chers pour être"tendance" et votre protestation est annoncée par voie numérique. Alors, les mômes, avant de protester, éteignez la clim, allez à l'école à pied, rangez vos smartphones et lisez un livre...Ce qui n'arrivera pas parce que vous êtes mal élevés et manipulés par des gens qui vous utilisent en disant que votre cause est noble tout en vous plongeant dans le luxe occidental le plus fou. Réveillez-vous et fermez-la. Informez-vous des faits avant de protester et commencez par respecter vos aînés...".
Merci, Monsieur, pour ce coup de gueule magistral et salutaire qui, bien entendu, vous a valu la réprobation outragée de la bien pensance médiatique et des trop fameux "réseaux sociaux" poubelles du tout à l'ego, ou plutôt du tout à l’égout. Puisse ce message plein de colère devant tant de bêtise contribue à ouvrir les yeux de nos concitoyens.
" L'opposition entre le passé et l'avenir est absurde. L'avenir ne nous apporte rien : c'est nous qui, pour le construire, devons tout lui donner".
Simone WEIL
vendredi 27 septembre 2019
Jacques CHIRAC
" Un chef, c'est fait pour cheffer".
" Bien sur que je suis de gauche, je mange de la choucroute et je bois de la bière".
" Ne poussez jamais le chat dans les coins".
"Il aimait la vie comme il aimait la France". Cette phrase de Guillaume LARRIVE, député LR de l'Yonne, résume parfaitement l'homme Jacques CHIRAC. L'image de "l'animal politique" est plus contrastée et moins "œcuménique" ..... Pourquoi avoir refusé de graver dans la Constitution de la V ièm République les "racines chrétiennes de la France" ? Une faute morale et un calcul politicien qui entachent à jamais un gaullisme revendiqué. Le radical socialiste Chirac n'était jamais loin !
Proche des Français, chaleureux, sympathique, il était aux antipodes de l'arrogance et du mépris de ceux qui nous gouvernent depuis 2007. Jamais la crise des "gilets jaunes" ne se serait produite avec cet homme qui connaissait la "vraie vie" et n'hésitait pas à "tâter le cul des vaches". Tout à la fois "facho mili", humaniste, apôtre de la repentance, défenseur acharné du "modèle social" français, énarque atypique qui préférait sa terre de Corrèze aux lambris de la République, il incarnait tant de visages de la France !......
David Brunat, écrivain et ancien conseiller politique, parle avec humour de cet amour que portait Jacques Chirac à la France et aux Français dans un article intitulé : "C'était la France....et pas n'importe laquelle, celle de Jacques Chirac".
Réf. : Le FigaroVox, 27 septembre 2019
"Il faisait partie de cette
confrérie aujourd’hui en danger qui fume des clopes, roule au diesel et appuie
gaillardement sur le champignon. Il préférait la tête de veau au quinoa, il
courait les bistrots dans les coins les plus perdus plutôt que les cafés en
vue, bâfrait comme un ogre, fumait comme un sapeur, jurait à l’occasion comme
un charretier.
La proximité avec les gens lui était
comme une seconde nature.
Il avait épousé le parti de cette France
qu’on n’appelait pas encore périphérique, ce pays réel et rural, terrien, paysan,
qu’il aimait d’amour et sur lequel il avait bâti sa légende et son formidable
capital de sympathie accumulé au fil de ses pérégrinations infatigables de
foire en comice agricole, de salon en congrès, de meeting en exposition, de
visite en conquête électorale. C’était un prince de l’accolade, du serrage de
louche, du petit mot qui fait plaisir ou réconforte.
Philippe Bas, qui fut son secrétaire
général à l’Élysée et qui lui a consacré un beau livre (Avec Chirac, éditions
de l’Archipel), résume merveilleusement les choses : « Charles de Gaulle a
beaucoup aimé la France, Jacques Chirac a beaucoup aimé les Français et je
crois qu’ils le lui rendaient bien », a-t-il écrit hier sur son compte twitter.
L’amour traversa sa vie. L’amour de son
pays et de ses compatriotes. De la politique, de la vie publique, de la
conquête du pouvoir et de son exercice. Des femmes. Des arts premiers. Du monde
rural. De la culture et de la diversité des cultures.
Il avait fait l’ENA mais il était à
mille lieues de l’image que les gens se font, à tort ou à raison, des énarques
- dominateurs et sûrs d’eux-mêmes, arrogants et conceptuels. Ce n’était pas,
pouvait-on se dire, le gars intimidant et rogue du genre à vous débiter un
cours de finances publiques, à vous toiser du haut de son savoir de clerc, à
vous apprendre la vie en oubliant de siffler une mousse, de rire de toutes ses
dents à des blagues un peu osées, de s’allumer une tige en faisant un bras
d’honneur à la Faculté et aux hygiénistes assermentés.
Il devait y avoir en lui bien du mystère
et de la complexité, une délicatesse artistique insoupçonnée, mais aussi de la
pudeur et de la compassion.
Nombre de nos concitoyens n’auraient pas
hésité à partir en vacances avec lui, tout en se gondolant devant sa dégaine de
président faisant relâche à Brégançon, une dégaine immortalisée, souvenez-vous,
par certaines photographies à la charge comique irrésistible, chaussettes sur
mocassins et bermuda.
Il faut dire qu’avec son long nez, ses
tics de langage, ses grands moulinets de bras et sa gestuelle saccadée, il fit
pendant des décennies le bonheur des imitateurs et des caricaturistes.
Sa dissolution ratée s’éleva au rang
d’un gag électoral d’anthologie, d’un fiasco abracadabrantesque (j’étais alors
un tout jeune et obscur conseiller dans le cabinet d’un de ses principaux
ministres, et tout le monde au sein dudit cabinet comme dans tout l’appareil
gouvernemental applaudissait à la mesure, n’imaginant pas une seconde qu’il en
résulterait une défaite cinglante et humiliante). Elle fut une mine d’or pour
les rieurs. Et il ne fait aucun doute que sa marionnette des "Guignols de l’Info" demeura des années durant l’une des plus drôles, les plus attachantes et les
plus justement populaires."
Cela, c’était l’image d’Épinal. Car, ce
que le grand public ignorait, c’est que le grand échalas aux appétits
insatiables que certains beaux esprits moquaient sans vergogne était aussi,
sous l’apparence du "bulldozer",comme l’avait surnommé son maître Pompidou
en rendant hommage à sa façon puissante, vorace, virile, gloutonne, de faire de
la politique - un poète en action, où le haïku et les arts premiers tenaient
une part aussi importante que méconnue. D’aucuns s’étonnaient de son goût pour
le sumo. Mais cet intérêt pour un sport à coup sûr si peu corrézien témoignait
du fait que ce Président-là n’était pas d’une seule pièce, tant s’en fallait,
et qu’il devait y avoir en lui, en vérité, bien du mystère et de la complexité,
une délicatesse artistique insoupçonnée, mais aussi de la pudeur et de la
compassion.
C’était un roc, dont le peuple français,
qu’il avait fait profession d’aimer, peut se souvenir avec émotion.
Car peut-être que le cul des vaches, les
pommes de la campagne de 1995 et l’image bonhomme d’un représentant du peuple
enraciné dans la glèbe, d’un gardien de la République des terroirs par ailleurs
et pendant si longtemps premier édile de la capitale de la France, peut-être,
donc, que toute cette geste patiemment construite et habilement contée
dissimulait l’essentiel, à savoir que ce grand fauve politique à la carrière
exceptionnelle, exceptionnellement longue et exceptionnellement résiliente,
était d’abord un humaniste et un visionnaire sans esbroufe.
C’était un homme chaleureux et visionnaire
: cohésion sociale, protection de la planète à Johannesburg, refus de la
deuxième guerre du Golfe", témoigne Catherine Vautrin, qui fut plusieurs fois
sa ministre, et que j’ai eu l’honneur de servir.
La "maison qui brûle", le refus de
l’aventurisme américain en Irak, la promotion des cultures les plus lointaines
et des arts les plus anciens figurent en tête de son héritage politique et sont
évidemment loin de se résumer à une banale « politique de proximité » dont tant
de discours ambiants nous rebattent les oreilles. Il avait une vision claire
des relations internationales et de la place de la France, de sa vocation
planétaire dans un monde complexe, et de l’avenir de l’humanité dans le
souvenir vivant de ses racines.
Il appartenait à la promotion "Vauban" de l’ENA. Un nom tout trouvé pour un bâtisseur et un preneur de forteresses
politiques, un hussard né, "une sorte de cavalier de la steppe" selon la
belle expression de son ami Denis Tillinac. C’était un roc, dont le peuple
français, qu’il avait fait profession d’aimer, peut se souvenir avec émotion."
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Chaleureux, respectueux du peuple, Jacques Chirac était le Président de la France profonde, le père d'une famille dont il a voulu préserver à tout prix l'unité. Cette obsession de la cohésion sociale l'a parfois conduit à l'immobilisme ou à commettre des erreurs de jugement qui ont pénalisé un pays qu'il chérissait ( pourquoi cet invraisemblable "principe de précaution" inscrit dans la Constitution ?).......
ADIEU CHICHI !!
" Allons boire à nos femmes, à nos chevaux et ceux qui les montent".
" Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille".
" Etre dans le vent, c'est un peu avoir un destin de feuille morte".
samedi 7 septembre 2019
ECOLOGIE RAISONNABLE
" Il ne faut jamais privilégier un groupe sur la nation, ni sacrifier l'avenir pour surmonter un embarras du présent".
Charles de GAULLE
Parler de l'écologie et de sa "tête de gondole", le trop fameux "réchauffement climatique", avec intelligence, modération, lucidité et de façon positive est chose trop rare pour ne pas le signaler et faire partager ce rare moment d'intelligence constructive à tous ceux que les excès des uns et des autres indisposent.
L'entretien accordé au Figaro par Marc Fontecave, professeur au Collège de France,appartient à ces moments privilégiés.
Réf. : Figaro du septembre 2019 (débats et opinions).
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Que
pensez-vous du succès médiatique de Greta Thunberg ?
"Ce feuilleton médiatique de l’été
reflète l’état de l’opinion publique vis-à-vis de l’écologie. Médias,
politiques et citoyens relayent presque exclusivement un discours alarmiste. Il
repose sur quatre principes.
Première tendance : le catastrophisme, avec l’idée d’un effondrement
imminent. Nicolas Hulot, Greta Thunberg ou encore l’écrivain Fred Vargas
relayent ce genre d’opinions apocalyptiques qui ne reposent pas sur des faits
scientifiques.
Deuxième tendance : le complotisme,
avec la recherche de boucs émissaires (les responsables, ce sont toujours les
autres) et l’idée que pouvoirs publics et entreprises ne font rien pour sauver
le climat, et de façon délibérée. Rappelez-vous le coup médiatique baptisé «
l’affaire du siècle » : des militants ont attaqué l’État en justice pour sa
supposée inaction. Et les experts sont systématiquement accusés d’être « vendus
» aux lobbies.
Troisième tendance : le « yakafokon », c’est-à-dire les injonctions morales à
la révolution mais l’absence totale de propositions concrètes et de solutions
précises.
Quatrième
tendance : l’inaction, avec l’affirmation qu’il ne se passe
rien, alors qu’au contraire, partout des efforts sont faits, sans doute
insuffisamment, pour rendre les activités humaines plus respectueuses de
l’environnement. Greta Thunberg nous alerte, certes, mais qui n’est pas alerté
aujourd’hui, à part quelques fous furieux ? La question aujourd’hui est
celle du « comment".
Vous jugez
que le discours des « effondristes » est contre-productif ?
"Les « effondristes » font croire qu’il existe des
solutions simples et que le futur est entre nos mains. Mais la France produit
1 % seulement du CO2 mondial : elle disparaîtrait de la carte que ça ne
changerait pas le cours des choses s’agissant de l’environnement. Si la
transition écologique de notre propre pays doit se faire, elle ne sauvera pas
la planète. Je crois que, compte tenu de ses moyens et de sa population, la
Chine sera probablement le pays où se fera la révolution énergétique et
écologique. C’est elle qui changera véritablement la donne."
"Les
« collapsologues » disent que rien n’est fait, mais
c’est faux. Des efforts considérables sont menés dans l’industrie pour baisser
la production de CO2 et de déchets et faire des économies d’énergie. La chimie,
domaine sur lequel je travaille, devient de plus en plus « verte », à travers
de nouveaux procédés de synthèse plus économes en énergie et en déchets et de
plus en plus biosourcés. Des jeunes chercheurs œuvrent jour et nuit dans des
laboratoires afin de trouver des solutions pour le stockage de l’énergie. On
peut dire que cela ne va pas assez vite, qu’on manque de moyens et
d’investissements, mais pas qu’une bande de voyous ne fait rien parce qu’elle
veut à tout prix polluer l’environnement !"
Croyez-vous
que la solution à la crise climatique passe par la technologie ?
"La
science, la technologie sont continûment pointées du doigt pour les problèmes
qu’elles créent. Nous vivons dans une société de défiance totale, qui touche,
non seulement les politiques, mais aussi les scientifiques. Moi, j’ai
confiance. Je
crois en la capacité de l’homme à utiliser ses connaissances pour résoudre les
problèmes qu’il a lui-même engendrés. D’ailleurs on sait où sont les marges de manœuvre, ce
qu’il faudrait faire, même si nous n’avons pas encore les outils
technologiques. D’abord il faut œuvrer dans les transports, en changeant nos
habitudes, éviter la voiture individuelle lorsqu’elle n’est pas indispensable,
prendre l’avion moins fréquemment. Le stockage de l’énergie, notamment des
énergies renouvelables, est aussi un point clé. Il faut également œuvrer pour
des économies d’énergie dans l’habitation, en développant l’isolation. Enfin,
il est nécessaire de travailler sur la production « verte » d’énergie. Mais les
révolutions technologiques ne se décrètent pas. C’est grâce aux efforts
combinés de la recherche, de l’industrie qui met sur le marché les nouvelles
technologies et du citoyen qui agit différemment que se fera cette révolution."
La France a
décidé de stopper la recherche sur la quatrième génération de réacteurs
nucléaires. Est-ce une mauvaise nouvelle ?
" On ne peut pas dire à la fois que la catastrophe est
imminente si l’on ne produit pas moins de CO2 et vouloir se passer du nucléaire. Aujourd’hui, plus de 95 % de
notre production électrique est décarbonée. La question des déchets nucléaires
est évidemment cruciale, mais de nombreux scientifiques travaillent sur ce
sujet. Je n’adore
pas le nucléaire, mais il n’y a pas d’autre solution à court terme pour
produire de l’énergie électrique décarbonée. D’ailleurs, c’est ce que dit le Giec
dans son dernier rapport. Donc la décision des autorités françaises d’arrêter la recherche sur
la quatrième génération de réacteurs nucléaires est en effet une mauvaise
nouvelle. C’est un
mauvais message pour la recherche en général. Et cela va soulever des questions
sur le recyclage des matières radioactives et sur l’avenir de l’innovation dans
la filière nucléaire."
Faut-il faire
confiance aux seules entreprises pour développer la recherche ? Ne vaudrait-il
pas mieux s’en remettre à l’État plutôt qu’aux intérêts privés ?
« Où
est l’argent pour développer la recherche ? Le budget de la recherche
française, loin des 3 % ambitionnés un temps, stationne à 2,2 % du
PIB, loin d’autres pays, comme la Corée (4 %). Les budgets et les salaires
sont insuffisants, ce qui rend notre recherche peu attractive. L’Europe
heureusement soutient quelques programmes, mais c’est également insuffisant."
"Je déplore
qu’en France la recherche académique soit encore trop déconnectée de la
recherche industrielle. Les industriels ont de l’argent, et savent qu’ils
doivent investir dans les nouvelles technologies. Ce sont les entreprises
qui feront la révolution énergétique de demain, car ce sont elles qui mettent sur le
marché les nouvelles technologies développées dans les laboratoires. Je le dis
honnêtement : ma recherche au Collège de France par exemple sur le stockage des
énergies renouvelables n’existerait pas sans le soutien de l’entreprise Total. Cela fait-il de moi un grand méchant
à la solde des lobbies ? Non, je cherche sincèrement, avec mes jeunes
chercheurs, des solutions, par exemple sur de nouveaux matériaux pour
transformer l’énergie électrique en carburants, afin de mettre au point des
systèmes de photosynthèse artificielle qui demain fourniront, comme le font les
plantes ou les microalgues, des molécules carbonées riches en énergie, utiles
pour nos sociétés, à partir de soleil, d’eau et de dioxyde de carbone… "
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Seule la science et les industriels peuvent mener à bien cette adaptation nécessaire de notre monde aux évolutions climatiques, glaciaires ou torrides, de notre belle Terre qui n'est pas près de disparaître n'en déplaise aux extrémistes de tout poil dont l'ignorance, la bêtise et la malhonnêteté incommensurables n'ont d'égales que celles de ceux qui nous gouvernent. Le dernier épisode sur l'Amazonie en est un pathétique exemple.
" Jusqu'ici, nous avions une politique à la petite semaine. Maintenant , nous avons une politique à la petite journée."
Charles de GAULLE
jeudi 15 août 2019
RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE : INSTRUMENTALISATION ÉTATIQUE
" Le vent d'hiver ne sera jamais aussi cruel que l'ingratitude de l'homme et le ciel glacial jamais aussi douloureux que le souvenir du bonheur perdu".
William SHAKESPEARE
Réf. : Jean-Philippe DELSOL Le FigaroVox 13 août 2019
Il est important chaque fois que nécessaire de faire entendre la voix de la raison face à la désinformation et à la police de la pensée qui sévissent depuis quelques années lors qu’est abordé un sujet aussi "brûlant" que le climat. L'article qui suit participe à ce combat nécessaire contre la pensée unique.
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"Chaque rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution
du climat (Giec) apporte son lot de catastrophes à venir. Il nous est annoncé
désormais une aggravation insoutenable de risques sanitaires et alimentaires
dus au réchauffement. L’augmentation accélérée de la population et les
émissions humaines de carbone précipiteraient la hausse des températures avec
tous les effets néfastes attendus en matière de sécheresse et de montée des
mers autant que de migrations ingérables ou d’instabilité financière.
Certes, le climat change. Il a toujours changé. Il faudra
faire évoluer les cultures, comme les hommes l’ont fait depuis des millénaires.
C’est l’Afrique du Nord et la Sicile qui servaient de grenier à blé des
Romains. Les Vikings se sont installés au Groenland lors de « l’optimum médiéval
», entre le VIIIe et le XIIe siècle, au cours duquel tout l’hémisphère
Nord a connu une longue série d’étés secs et chauds. Les mutations du climat
sont réelles.
Pour autant, l’instrumentalisation que certains veulent
faire de cette question très légitime est inquiétante. Il faut toujours se
méfier des marchands de peurs. Voilà deux siècles, Malthus affirmait que la
population était condamnée à une stagnation éternelle faute de pouvoir augmenter
la production agricole. Dans les années 1970, l’humanité s’alarmait d’un
possible refroidissement généralisé. À la même époque, le Club de Rome
prédisait que la Terre mourrait prochainement de faim. Le biologiste Paul
Ehrlich assénait : « Nous savons maintenant qu’il est impossible d’accroître la
production de nourriture à une cadence telle qu’elle suive l’accroissement de
la population. » L’antienne même du Giec.
Et pourtant, malgré ces sombres prédictions sur l’épuisement de notre
planète, les capacités agricoles ne manquent pas. Et le sort de l’humanité
s’améliore continûment en faveur du plus grand nombre. La très grande pauvreté
(moins de 1,90 $ de revenu par jour) concerne désormais moins de 10 %
de la population mondiale, soit quatre fois moins qu’il y a trente ans. Entre
1820 et 1992, le revenu moyen des habitants du monde a augmenté de sept à huit
fois, a évalué l’économiste Angus Deaton. Dans le monde, les classes moyennes
sont celles qui ont bénéficié des gains de pouvoir d’achat les plus élevés au
cours des trente dernières années, a démontré l’économiste Branko Milanovic.
L’erreur fatale de ces nouveaux cavaliers de l’apocalypse est toujours de méconnaître la plus
importante des richesses de la terre, infinie: l’homme. Celui-ci est une
ressource pour lui-même, qui augmente au fur et à mesure que croît la
population. Il est capable d’innover sans cesse pour tirer un meilleur parti
des moyens à sa disposition ou pour en trouver de nouveaux. L’homme a démontré
son habileté à recycler ce qu’il produit, à développer de nouvelles technologies
plus efficaces, moins consommatrices, à s’adapter à son environnement. Chaque
étape de la croissance des pays développés a été marquée par l’apparition de
nouvelles pollutions mais aussi par la mise en œuvre de moyens pour les
combattre. Tous ceux qui prolongent des courbes à partir des données passées se
trompent, parce qu’ils ne prennent pas en compte la créativité de l’homme, sa
réactivité pour corriger, amender, transformer sans cesse le monde imparfait
qui le fait vivre toujours mieux.
Or, et c’est là
le point crucial, ce vaste mouvement d’enrichissement est le fruit de la
libération des énergies individuelles, de l’ouverture des marchés, de la
concurrence, de la liberté d’entreprendre. Il a commencé en Occident après les
révolutions libérales inaugurées par les États-Unis et la France à la fin du
XVIIIe siècle et s’est amplifié après la chute du Mur, qui a marqué la
faillite du socialisme. Et voilà que ce progrès du libéralisme pourrait être
remis en cause par ceux qui sonnent l’alarme rouge d’un dérèglement climatique
dû à l’homme. Leur dessein est de livrer l’humanité au pouvoir des États, seuls
capables selon eux de lutter contre le réchauffement dans un combat titanesque
autant qu’incertain par une mobilisation générale et la confiscation d’une
large partie des ressources des individus.
Au nom de ce qui n’est encore qu’une conjecture, ces
partisans de l’étatisme et du dirigisme justifient une fiscalité vertigineuse,
des réglementations toujours plus contraignantes et l’emprise croissante de la
sphère publique. Ils utilisent le principe de précaution pour aller à son
encontre en embrigadant l’humanité dans des dépenses sans fin et peut-être
inutiles. Cette bataille qui fait de la puissance publique un nouveau démiurge,
ne serait-elle pas une résurgence de la pensée collectiviste avec par surcroît
l’immense avantage que ses résultats, improbables, ne seront connus que par les
générations à venir, ce qui évite d’avoir des comptes à rendre ?
La
réalité est pourtant que les sociétés ouvertes sont plus attentives à leur
environnement que les sociétés étatisées parce que la propriété est toujours
mieux valorisée lorsqu’elle appartient à quelqu’un plutôt que quand elle est
publique, c’est-à-dire détenue par personne. Les dommages causés à la centrale
de Fukushima n’ont pas fait de morts. La catastrophe de Tchernobyl est arrivée
en Union soviétique, le pays où la mer d’Aral a été détruite sous l’effet de la
pollution. Le respect de la nature reste une obligation morale de chacun et la
loi doit certes y veiller. Mais le devoir de l’État est aussi de faire
confiance aux individus et de les laisser prospérer, de ne pas sacrifier
l’homme, ou sa liberté, au profit, hypothétique, de la planète."
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Il est rassurant que bon sens et raison ont encore droit de cité !!
" Il faut vivre du Ciel, mais les pieds sur terre".
Jeanne d'ARC
lundi 5 août 2019
POPULISME
" Dans la vie, il faut séduire ou transpirer ! Ben toi, qu'est-ce-que tu dois transpirer !".
Michel AUDIARD ("125 rue de Montmartre")
Quelle lucidité ! Quelle leçon de journalisme nous donne Jacques Julliard dans sa dernière chronique (Le Figaro du 5 août 2019). Ses confrères feraient bien de s'en inspirer avant de s'exprimer en tant qu' "experts" ..... (!!!), on se demande souvent bien en quoi, si ce n'est en porte-voix médiocres, serviles et "complaisants à l'égard des passions tristes du peuple-roi", pour reprendre la critique tellement juste de ce même Jacques Julliard. Notre vie politique a besoin de ces intellectuels à la "tête bien faite", honnêtes, fins connaisseurs de la vie politique, sociale et économique de notre pays, s'exprimant avec clarté dans une langue française apprise et cultivée avec les meilleurs auteurs qui ont éclairé notre littérature pendant des siècles. On est loin des propos bêtifiants, voire orduriers, qui inondent ces poubelles que sont les tristement célèbres "réseaux sociaux" qui "font et défont" aujourd’hui l'opinion et dictent leur loi à leur relais préférés, les médias et leurs journalistes, au mieux médiocres, le plus souvent aux ordres.
"Le journalisme, c'est un métier où l'on passe une moitié de son temps à parler de ce que l'on ne connaît pas, et l'autre moitié à taire ce que l'on sait". Henri BERAUD.
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Réf. : Le Figaro, 5 août 2019, "Ce que sont les amis du peuple".
A lire sans modération !! :
« Nous voilà installés dans
la troisième période de l’après-guerre. La première fut celle de la guerre
froide, symboliquement conclue par la chute du mur de Berlin, en 1989, et la
débâcle de l’Union soviétique. La deuxième marqua l’apogée du capitalisme
libéral, demeuré seul et triomphant sur le champ de bataille. Victoire si
totale qu’un bon esprit comme Francis Fukuyama se demanda alors s’il pouvait
encore y avoir un après et si nous ne vivions pas la fin de l’Histoire. La crise
financière puis économique de 2008 se chargea de donner une réponse : on peut être
seul et perdre la partie. Depuis lors nous sommes entrés dans l’ère populiste.
Il ne servirait à rien de chipoter sur les mots. Celui de « populisme »
s’est imposé et il faut l’accepter comme tel. À deux conditions :
La première est de bien comprendre que le populisme n’est pas plus aujourd’hui l’idéologie du peuple que le socialisme
n’était hier l’idéologie de la classe ouvrière.
Dans les deux cas, ces formulations n’étaient rien d’autre que la théorisation
opportuniste, œuvre des intellectuels et des politiciens, des mouvements qui
agitaient le corps social. C’est à dessein que j’ai donné à cet article le
titre d’un ouvrage de Lénine (1894) fruit de conférences dirigées… contre le
populisme, justement, et son principal théoricien dans la Russie de la fin du
XIXe siècle, Mikhaïlovski. Le peuple n’est pas le sujet de cette histoire
: il en est l’enjeu.
La deuxième condition, c’est de nettoyer le vocabulaire de tous les
mensonges qu’il véhicule. Et justement le mot « peuple », dans la Russie du XIXe siècle
comme dans notre monde du début du XXIe, est celui que les despotes et les
démagogues ont sans cesse à la bouche pour justifier leurs entreprises de
récupération et en faire une arme contre la liberté. Les batailles politiques
sont, à l’ère démocratique, des batailles de vocabulaire dont le vainqueur est
celui qui aura su s’approprier à son profit les significations des mots-clés du
moment.
Les différents sens du mot « peuple »
« Peuple »
désigne au moins quatre choses. D’abord l’ensemble de la population d’un pays.
Dans les États démocratiques, régis par le suffrage universel, il se confond
avec le corps politique, voire avec le corps électoral. Telle
est sa signification dans l’expression latine Senatus populus que romanus (premier
sens).
Il se distingue à Rome de la plèbe (plebs),
qui désigne l’ensemble des citoyens qui ne sont pas des patriciens,
c’est-à-dire des nobles, et qui ne disposent au départ que de droits civiques limités.
Dans la France contemporaine, c’est le peuple diminué de ses élites et séparé
d’elles ; ce que, dans la langue familière, on appelle volontiers le « populo
» ou, en style plus relevé, le « populaire »
(deuxième sens).
Mais le peuple, c’est aussi la masse indistincte des individus assemblés
en un lieu, autour d’un objet précis : revendication, manifestation,
protestation, occupation. Le peuple est alors synonyme de foule,
constituée par ceux qui se sont donné rendez-vous quelque part à un moment
donné (troisième sens).
Enfin, le peuple finit aujourd’hui par s’identifier à tous ceux qui
donnent de la voix dans le débat public : c’est l’opinion,
telle qu’elle s’est toujours exprimée spontanément, mais dont la portée s’est
trouvée démultipliée par Internet et transmise par les « réseaux sociaux » ;
c’est cette parlerie permanente qui prétend faire de son anonymat même la
preuve de sa représentativité (quatrième sens).
Quand on dit, comme dans Le Chant du départ
(1794), « le peuple souverain s’avance », que faut-il aujourd’hui entendre
expressément par-là : la population ? le populaire ? la foule ? l’opinion ?
Prenons l’exemple des « gilets jaunes »
Des manifestations trente-trois samedis de suite, dans des dizaines de
villes, soutenues au plus fort du mouvement par 72 % des Français : qui
dit mieux ? Un bilan impressionnant, sans équivalent dans la France
contemporaine. Qui pourrait contester que les « gilets jaunes » aient été, des
mois durant, le peuple français ?
Oui, mais lequel ? Assurément le
peuple-foule, tel qu’on l’a défini plus haut. Et il faut reconnaître au
mouvement d’avoir constamment repoussé la tentation de se structurer à la
manière d’un parti ou d’une organisation politique, pour servir à autre chose
que ce qui était dans l’esprit des manifestants. Du reste, dès que l’on passe
du peuple-foule au peuple-corps politique ou corps électoral, sa
représentativité s’effondre : elle s’abaisse d’un coup de 72 % de soutien
à 2 ou 3 % en termes d’intentions de vote ! Quant à exprimer les
aspirations de l’ensemble du populaire, il n’en est pas davantage question :
demandez-en des nouvelles aux dizaines ou peut-être aux centaines de milliers
d’artisans, de petits commerçants, victimes du manque à gagner, des menaces de
faillites, voire des dégradations que leur a infligées le mouvement. À la fin
du printemps, 59 % des citoyens se disaient inquiets des développements de
celui-ci. Et constatons encore que les syndicats ouvriers, dont le caractère
populaire n’est pas contestable, sont restés, malgré les efforts de quelques activistes
de la CGT, en dehors du mouvement.
Quant au seul parti qui d’un bout à l’autre s’est efforcé de récupérer
les « gilets jaunes », celui des Insoumis, il a connu là un échec sanglant,
doublé d’une gamelle retentissante aux élections européennes qui ont suivi. La
stratégie de Jean-Luc Mélenchon était claire : s’appuyer sur le peuple-foule
pour en faire un peuple-plèbe, débouchant soit sur une élection triomphale,
soit sur un mouvement insurrectionnel. Les gens ne sont pas si bêtes ; ils
ne sont pas prêts à offrir des prétextes à des révolutionnaires professionnels,
qui ne sont jamais que des politiciens d’un genre expéditif.
Conséquence : en France comme en Espagne, le
populisme de gauche, qui consistait, à la façon de l’Amérique latine, à tenter
de substituer à l’opposition gauche-droite un clivage peuple-élites, ce
populisme est moribond, s’il ne fut jamais vivant. On ne le regrettera pas, car
il ne faisait en définitive que refléter la violence narcissique de ses
promoteurs plutôt qu’ouvrir des voies nouvelles. Chacun aujourd’hui fait des
gorges chaudes sur le naufrage de la social-démocratie, alors que c’est autour
du cadavre de Podemos ou des Insoumis qu’il conviendrait de se recueillir. Quant
à la social-démocratie, justement, elle ne se porte pas si mal en Espagne, au
Portugal, dans l’ensemble des pays scandinaves. En France, voire en Allemagne,
son éclipse est moins due à la disparition de son électorat traditionnel qu’à
son affaissement intellectuel, c’est-à-dire à son incapacité à analyser le
monde réel à la lumière de ses valeurs les plus éprouvées : la nation, le
mérite, la fonction intégratrice de l’École, la laïcité, le rôle émancipateur
du travail, autrement dit des institutions républicaines.
La vague dégagiste
Ce qui fait l’originalité du « dégagisme », c’est de partir non du
peuple-foule, comme les « gilets jaunes », mais du peuple-plebs, avec
l’ambition d’en faire le corps politique tout entier (populus), par élimination
d’une petite poignée de privilégiés et d’exploiteurs. C’est la grande tentation
de l’unanimisme populaire, et là de nouveau nous retrouvons les Insoumis, leur
projet de VIe République et de gouvernement de l’Assemblée comme en
1793-1794. C’est la substitution à la lutte des classes marxiste de
l’affrontement du peuple tout entier à quelques figures symboliques de la
richesse comme conflit majeur de la société. C’est aussi la substitution du
principe charismatique et autoritaire (en allemand Führerprinzip) au leadership
démocratique.
Ce qui rend ce populisme si
nuisible et si dangereux, c’est qu’il ne propose rien de précis à mettre à la
place, si ce n’est, en toutes choses, le respect de la volonté du peuple. Mais
comme il ne dit rien de ce qu’il entend par là, ni des moyens d’y parvenir, il
ouvre la porte à toutes les aventures personnelles et justifie d’avance toutes
les tyrannies. Si, comme le dit pompeusement Toni Negri, «il faut procéder aux
funérailles du concept de représentation », si un tel concept est radicalement
mauvais, condamné d’avance par son immoralité foncière, pourquoi ne pas essayer
autre chose ? Voilà comment, selon un récent sondage, 39 % des Français se
laissent aller à prétendre que « d’autres systèmes politiques seraient aussi
bons que la démocratie » (fondapol.org). On voudrait bien savoir lesquels : la dictature
? l’anarchie ? la « prise au tas » ? le règne des plus forts ? Beau travail en
vérité.
Chesterton disait que lorsque les gens cessent de croire en Dieu, ils ne croient plus en
rien. Et quand ils ne croient plus en rien, ils croient en n’importe quoi.
J’appliquerai volontiers cette pensée
lumineuse, récemment citée ici même par Éric Zemmour, à la démocratie. Quand
les gens, pénétrés de populisme et de dégagisme, ne croient plus à la
démocratie ni au système représentatif, ni à un autre système, quand ils ne
croient plus à rien en politique, ils sont prêts à accepter n’importe quoi.
Certes, le populisme n’est pas en soi le fascisme. Mais il reste, d’hier à
aujourd’hui, un des plus sûrs moyens d’y conduire.
Le homard de la discorde
C’est notre troisième
illustration du trafic des significations. Ici, l’objet n’est pas le « dégagisme
», mais le moralisme,
c’est-à-dire la morale appliquée, non à soi-même, mais à autrui. C’est le
peuple-opinion que l’on transforme en redresseur de torts et en instance
politique. Et ici, le principal responsable, ce sont les médias ; c’est le
peuple-opinion qui se prend pour le peuple souverain.
Nous venons d’en vivre
une parfaite illustration avec l’affaire de
Rugy. Après l’hiver des «gilets jaunes
», l’été des homards. Il faut que l’exigence démocratique soit
tombée bien bas pour que l’essentiel du débat politique n’ait roulé, un mois
durant, ni sur les
retraites, ni sur l’Iran, ni sur la bulle financière qui menace à
chaque instant l’équilibre du monde, mais sur quelques crustacés et quelques
bouteilles tirées de la cave de l’hôtel de Lassay, jadis approvisionnée en
grands bordeaux par Jacques Chaban-Delmas, d’heureuse mémoire. À tout prendre,
je préfère les flambeurs aux guillotineurs, les ordonnateurs de dîners de têtes
à ceux dont le rêve est de les faire rouler dans le panier. On va répétant sentencieusement
qu’il convient de tenir compte des nouvelles exigences de la morale du public,
et autres balivernes. Quelle blague ! Comme si l’Ordre Moral à la Mediapart
n’avait pas été inventé par la pire réaction antirépublicaine dès le début de
la IIIe !
Vous préférez de Gaulle, grand seigneur et grand politique ?
Moi aussi. Ce qui m’inquiète dans toutes ces affaires, c’est la servilité de la plupart des journalistes, leur complaisance à l’égard des éternelles passions tristes
du peuple-roi. Le jour de la démission de François de
Rugy eut lieu au Parlement européen le débat de ratification de la nomination
d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne. Débat
capital, expédié en une phrase (une seule) sur BFMTV comme sur la Deux, alors
que l’affaire de Rugy a donné lieu à des plateaux, des débats, des éditos à
n’en plus finir. Le populisme des journalistes dans toute sa médiocrité, dans
tout son aveuglement, dans tout son cynisme, le voilà !
Conclusions provisoires
C’est un sujet majeur : le recul de la démocratie dans le monde, sous
les coups de boutoir du populisme, est un fait de première importance. Tout
porte à croire que désormais la France et l’Europe tout entière ne sont pas à
l’abri d’un phénomène qui menace nos libertés.
On n’a pas abordé l’explication de la montée
du populisme. Nous disposons désormais, avec Le Peuple contre la démocratie de
Yascha Mounk (L’Observatoire, 2018), L’Archipel français de Jérôme Fourquet
(Seuil, 2019) et La France qui déclasse. Les Gilets jaunes, une jacquerie au
XXIe siècle de Pierre Vermeren (Tallandier, 2019), de trois livres de
référence essentiels. La stagnation du niveau de vie des classes moyennes, la
désindustrialisation, le passage à des sociétés multiethniques, le
développement d’Internet et des réseaux sociaux sont quelques-uns des facteurs
explicatifs sur lesquels il faudra revenir.
Ce n’est pas le peuple qui est populiste, mais des démagogues et
des aventuriers, dans l’espoir de substituer leur arbitraire aux pouvoirs
institués. C’est la crise des institutions
démocratiques, partis, syndicats, mouvements de pensée, Églises qui explique le
phénomène, tandis que le terreau traditionnellement fertile de l’intelligentsia
de gauche est en voie d’eutrophisation accélérée.
Le populisme de gauche
a échoué. Le populisme est nécessairement de droite et surtout d’extrême
droite, car il repose sur une critique radicale du système représentatif et une
confiance aveugle, vitaliste, dans le « mouvement » et non dans la raison. Et
pourtant, dans tous les épisodes étudiés plus haut, le parti de Marine Le Pen a
fait preuve de beaucoup plus de prudence et de retenue que celui de Jean-Luc
Mélenchon. Quelle est donc aujourd’hui, en définitive, la stratégie du
Rassemblement national ?
L’idée d’un peuple uni, en dehors de toute organisation,
est une imposture. Elle repose sur la confusion des diverses acceptions du mot
« peuple » et sur le postulat indémontrable de la convergence des intérêts de
toutes les parties de la population. C’est une vision à la fois pré-libérale et
pré-marxiste, plus proche du romantisme allemand que de l’esprit cartésien.
Que faire ? (Encore Lénine !) La solution du problème de
la démocratie pour le siècle à venir repose sur une combinaison nouvelle,
inédite, entre le système représentatif classique et les aspirations légitimes
des citoyens à des formes de démocratie directe. Sans le système représentatif,
c’est le caractère libéral de la démocratie qui serait menacé. Sans la
participation directe des citoyens, c’est leur adhésion à la démocratie
elle-même qui serait remise en cause.
Ah ! nous voici au pied du mur ! Ah ! c’est
le vrai défi, c’est le grand chantier ! Il y faut l’innovation, la hardiesse et
une sagesse indomptable. »
*********************************
Une formidable analyse claire et didactique d'une situation inquiétante qui échappe totalement à nos dirigeants.
"Le bateau qui n'obéit pas au gouvernail, obéira au rocher".
Dicton breton
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